Un tramway nommé Désir
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À NOTER : Francis Lalanne qui a créé le rôle de Kowlasky est désormais remplacé en tournée par Manuel Olinger
 

LaProvenceD’un côté il y a Stanley, il est américain, mais Polack lui colle à la peau, c’est un rugueux, un survivant, un brutal, un direct, un entier. De l’autre côté il y a Blanche, elle est du vieux Sud, elle est la fin d’une époque, elle rêve d’un monde révolu et se voile la face devant la réalité. Entre eux il y a Stella, l’épouse de Stanley, la sœur de Blanche. Elle les aime tous deux, elle a quitté la grande maison familiale, Belle Rêve, le Sud, condamné pour épouser l’avenir à la Nouvelle-Orléans et elle va avoir un bébé. Au-dessus d’eux il y a le désir, de vivre, d’aimer, d’être aimé. C’est un combat de titans sordide, ce sont deux mondes qui s’affrontent en un tourbillon de passion. C’est l’une des très grandes pièces du répertoire américain qui, près de 70 ans après la première, dans la conception de Manuel Olinger, n’a pas pris une ride et paraît d’actualité. Sa version de la pièce est servie par une distribution éblouissante, sans fausse note, sans à peu près. On retient son souffle.
Notre avis : on est conquis
Alain Pécoult, La Provence, 16 juillet 2016


LaMarseillaiseUn tramway nommé désir, une plongée dans la Nouvelle-Orléans
Un Francis Lalanne éblouissant.
Le livre de Tennessee Williams ouvert sur la scène dans une grande bouffée de chaleur moite et des lumières accentuant la transpiration sur la peau.
Une unité de décor qui enferme le propos comme dans un carcan, un appartement exigu décrivant habilement la Louisiane, dans lequel vit le couple de Stanley et Stella.
La rue est autour, à la lisière, les personnages vont et viennent autour de ce pilot central.
Blanche va un jour débarquer sans prévenir chez sa sœur Stella. Son mari va se sentir attaqué par cette intrusion et ne pas la supporter, un combat va se donc se développer entre eux.
Manuel Olinger le metteur en scène a installé le décor, les lumières et la musique pour en faire un cocon à l'intrigue, un cocon très serré ne laissant que peu de liberté mais canalisant les sentiments.
Les comédiens sont tous excellents, Francis Lalanne en Stanley campe avec brio un individu assez brut de décoffrage qui ne supporte pas que son territoire soit envahi, il gère alors de façon subtile l'invasion subie. Blanche la sœur de Stella interprétée par Julie Delaurenti est un personnage fragile à l'extrême qui joue sur l'apparence mais est rapidement dévoilée, elle est borderline, en fin de course. Stella, incarnée par Tiffany Hofstetter est une jeune femme prise en étau entre sa sœur et son mari, elle essaie de compenser sans cesse pour que tout aille bien, elle est éblouissante.
On est loin du Tramway avec Marlon Brando : ici tout est beaucoup plus fin, plus subtil, on suit clairement la lente chute de Blanche, dans la moiteur et la sensualité de la ville.
C'est captivant, tout concourt à faire de cette pièce une réussite, la mise en scène inventive, intelligente, le décor, la musique qui nous transportent à la Nouvelle-Orléans et les comédiens qui sont remarquables.
Une très belle pièce à ne pas manquer.
Jean-Michel Gautier, La Marseillaise, 15 juillet 2016


VaucluseMatin“Un tramway nommé désir” est sur de bons rails.
La pièce de Tennessee Williams est une œuvre incontournable, mais difficile. Dans la moiteur de la Nouvelle Orléans, nous assistons aux retrouvailles de Blanche et sa sœur Stella, mariée à un ouvrier frustre d’origine polonaise, Stanley Kowalsky.
Le modeste appartement, s’ouvrant par un balcon de fer forgé façon Vieux Carré, sera le seul espace de promiscuité où les personnages se chercheront, s’éviteront, s’affronteront. Le mobilier est solide.
Face à l’impulsivité animale et à la violence de Stan, c’est préférable, car les chaises volent et on crie fort. Blanche est joliment porté par Julie Delaurenti. Stan, joué avec conviction par Francis Lalanne, trimballe son physique de félin avec une sensualité lourde, et son personnage complexe se dilue derrière son physique. Les scènes de corps à corps sont aussi crédibles dans la violence que dans l’amour.
Le metteur en scène Manuel Olinger met Stella au cœur de ce triangle passionnel. Tiffany Hofstetter relève bien le gant. Maîtresse, mère, sœur, elle reste solidement ancrée dans la vie, portée par l’amour que les deux autres recherchent pour eux-mêmes.
Anny Avier, 26 juillet 2016


Nostalgie L'une des curiosités du OFF au Collège de la Salle avec la reprise d'Un tramway nommé désir de Tennessee Williams. Francis Lalanne y interprète le rôle de Stanley Kowalski et livre une solide prestation nettement plus en retenue que celle mythique de Marlon Brando, mais une prestation qui n'en reste pas moins remarquable car très incarnée. Les effets scéniques fonctionnent bien et outre Francis Lalanne, la pièce est portée par une superbe interprétation de Blanche Dubois par Julie Delaurenti qui finit en larmes tant elle vit son personnage, prestation de très haut vol qui fait de ce spectacle l'un des incontournables du OFF.
Juillet 2017


RevueSpectaclesUne pièce saisissante de par l'intensité du jeu d'acteur et la profondeur du sujet abordé, mettant en avant toute l'agressivité humaine qui peut être générée et se déployer dès lors qu'un individu voit son espace et ses habitudes de vie modifiés.
Bravo à Francis Lalanne de part son interprétation poignante de "Stanley Kowalski", jeune ouvrier polonais défendant son territoire et l'intimité de ses relations.
Faisant ressortir l'aspect violent et autoritaire de son personnage, il vient à donner une tonalité particulière à la pièce, venant à interroger le spectateur sur la nature et la qualité des rapports humains et ce qui les nourris.
Emprunt de sensualité, d'échanges tout aussi vifs que profond,
Un tramway nommé désir nous entraîne à faire face à nous-même: une véritable invitation à la réflexion ne laissant pas indemne.
Aurélie Courteille, 28 juillet 2016


Madinin'Art - En attendant d’assister au spectacle grec curieusement nommé 6 a.m. – How to disappear completely et qui se tient en fait à 6 p.m. (18 h), nous nous sommes laissé tenter par le Tramway… de Tennesse Williams, attiré en particulier par la tête d’affiche, Francis Lalanne, dans le rôle de Kowalski, le mari de Stella, la sœur de Blanche. Stella est la figure centrale de la pièce, celle autour de qui se noue la rivalité entre les deux autres protagonistes. Mais Stella n’intéresse pas le spectateur : elle est trop sage, trop lisse, trop naïve. Il en va autrement des deux autres, les faux durs, Kowalski, dit « le Polak » par Blanche, un être frustre mais dont les colères sont dévastatrices, et Blanche, dite « dame Blanche » par Kowalski, élégante, hautaine avec l’humour qu’il faut et un physique à damner un saint. Ils ne sont pourtant que de faux durs comme la pièce le fait découvrir progressivement.
Bien nous a pris d’aller voir cette pièce, pas seulement à cause de F. Lalanne, bien qu’il remplisse très honnêtement son contrat, surtout à cause de Julie Delaurenti qui campe une Blanche souveraine. Elle a tout ce qu’il faut pour interpréter ce personnage complexe à force d’en faire trop : trop de bagout, trop d’œillades, trop de mensonges, trop de réparties assassines, trop de robes moulantes, trop de décolletés plongeants, enfin trop de tout ! Pour jouer un tel personnage, il faut une forte personnalité d’acteur, et de la personnalité, J. Delaurenti en a à revendre. Il n’est pas nécessaire de faire l’éloge ici de la pièce de T. Williams. Ceux qui ne connaissent que le film d’Elia Kazan constateront que la Blanche de la pièce n’est pas exactement la même que celle campée par Vivien Leigh : elle effraye les hommes bien plus qu’elle ne les séduit. Dieu sait pourtant qu’elle est séduisante… mais elle a des failles et elle fait peur.
Selim Lander, Medinin'art, 10 juillet 2016