Nuit gravement au salut
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NOTE DU METTEUR EN SCÈNE

 

Nuit gravement au salut est ce que l’on peut appeler une «farce moderne», ou encore une fable, celle de l’artiste et du marchand, traitant avec un humour grinçant le système hypocrite du microcosme littéraire.

Elle pose un certain nombre de questions dont celle-ci : quel sens un artiste doit-il donner à son travail de créateur ? Doit-il être un éclaireur de conscience et travailler au développement de l’esprit critique ou doit-il subir la loi du marchand et du marché, dans un univers où l’objet artistique n’est pratiquement plus qu’un objet de consommation.

J’ai donc centré le travail de mise en scène sur le rapport de force entre deux personnages aux univers et langages apparemment opposés; chacun rivalisant avec ses propres atouts: la séduction et la rebellion chez la romancière, le pouvoir et le cynisme chez l’éditeur. Le personnage du serveur n’est pas en reste bien au contraire. Non seulement il apporte un souffle burlesque aux situations parfois tendues entre les deux protagonistes mais il joue aussi, d’une certaine manière le rôle «d’arbitre» dans ce repas-duel, jusqu’au coup de théâtre final.

Enfin et toujours dans un souci de vérité, j’ai voulu installer un climat de confort et d’intimité (musique feutrée, table élégante...) afin de donner encore plus de poids à la férocité de la situation. Le contraste permettant de faire ressortir toute la drôlerie, la finesse et l’acuité de cette «farce ou fable moderne».

Avec cette pièce, Henri-Frédéric Blanc poursuit son œuvre de dénonciation des travers de notre société moderne. En cela, je le place dans la pure tradition d’un «Molière» ou d’un «Beaumarchais».

Ludovic LAROCHE