Poisson et petits pois !
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LaProvenceA première vue, les deux héroïnes de “Poisson et petits pois !” sont bien différentes. D'un côté, une mère piquante, d'une franchise désarmante, de l'autre, sa fille plus tempérée. Pourtant, ces deux-là se ressemblent plus qu'on ne pourrait le croire, et confirme l'adage telle mère, telle fille.
“Poisson et petits pois !” est une pièce haute en couleurs à l'image de ses deux interprètes. Le duo Marie-Hélène Lentini / Dorothée Martinet est génial ! Dès le début du spectacle, les répliques fusent entre les personnages. C'est dynamique, sarcastique, l'alchimie opère et la complicité entre les deux comédiennes est évidente. Les silences et les regards en disent long sur cette relation mère-fille 
faite de non-dits, de secrets, mais surtout de bienveillance. Car chacune veut le meilleur pour l'autre quitte à blesser en avouant la vérité. En acceptant de tout se dire, les deux femmes vont enfin arriver à se prouver leur amour et à cesser de reproduire des erreurs du passé. Une pièce qui fait du bien, où l'on sourit et où l'on rit !
Notre avis : on adore !
Audrey Morard, La Provence, 16 juillet 2016
 

VaucluseMatinUn décor épuré, tous les meubles de la pièce sont en plastique transparent… un sentiment étrange de mal-être se fait ressentir.
Le public entre directement dans l'intimité d'une relation mère-fille, pas toujours facile… Les répliques fusent entre les deux comédiennes d'où se dégage une complicité surprenante. La mère (Marie-Hélène Lentini) reste cloîtrée dans son appartement toute la journée et reçoit  régulièrement la visite de sa fille. Elle fait toujours les mêmes courses composées de poisson, petits pois, pain, beurre… ce qui a le don d'énerver la mère.
La fille (Dorothée Martinet), négligée et très fatiguée, est pleine d'émotion dans ce rôle psychologique de gamine. Beaucoup de vérité, de non-dits, mais surtout de bienveillance de l'une envers l'autre. Elles arrivent à tout se dire et se prouver un amour réciproque depuis trop longtemps enfoui et éviter les erreurs du passé.
Une pièce émouvante et drôle à la fois qui fait du bien !
Annie Lellouch, 22 juillet 2016
 

LaMarseillaise[…] Clouée, en apparence, dans son fauteuil par une jambe plâtrée, la mère rumine se rancœurs, ses inquiétudes pour sa fille mariée, semble-t-il, à un parfait imbécile vicieux. Les relations mère-fille sont loin d'être paisibles : la mère, acariâtre, ronchonne pour le moindre prétexte, la fille, exténuée par son boulot d'infirmière, accepte ses remontrances avec une soumission un peu suspecte. Les invectives pleuvent, les reproches fusent : "On est obligé d'en arriver là à chaque fois ?" déplore la fille. Mais la mère insiste, accumule les vacheries : "Regarde-toi, tu ressembles à rien".
Et si cette méchanceté cachait au contraire une grande vague d'amour pour réveiller la jeune assoupie dans un confort familial ou professionnel factice ? Comme éviter à sa progéniture de commettre les mêmes erreurs, vivre les mêmes humiliations ? Dur, dur, de transmettre son expérience…
Ana-Maria Bamberger a écrit une pièce universelle puisque "Poisson et petits pois !" est jouée depuis dix ans aux quatre coins du monde. Slimane Kacioui en signe l'adaptation et la mise en scène avec Aliocha Itovitch. Dans un décor en transparences, les sentiments accusent leur opacité : ici on ne finit pas ses phrases pour exciter la curiosité, on plaque des sous-entendus pour qu'éclatent les vérités, on ponctue ses questions de pointillés. Marie-Hélène Lentini, d'une autorité froide, insuffle une violente humanité à un personnage antipathique, Dorothée Martinet, tout en désespoir masqué, est une attendrissante victime de l'égoïsme masculin. Encore un duo féminin qui fonctionne à merveille.
Jean-Louis Châles, 14 juillet 2016