Les Vœux du cœur
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FIGMAGLe diable et le bon dieu
On se rappelle sans doute une pièce qui connut un grand succès à sa création il y a une vingtaine d'année : L'Affrontement, interprétée par Jean Piat et Francis Lalanne, et reprise il y a deux ans avec Francis Huster et Davy Sardou. Il s'agissait de la confrontation entre un prêtre d'un certain âge et un jeune séminariste à propos de leur conception du sacerdoce […]. Cet excellent spectacle révélait un auteur américain : Bill C. Davis. Le voici de retour à Paris, au La Bruyère, avec ces Vœux du cœur qui promettent un même succès tout aussi légitime.
Décidément, ce garçon s'intéresse de près aux problèmes religieux – ceux de l'Église, de la foi, de la morale et de leur insertion dans la société d'aujourd'hui – et il a un réel et rare talent à les populariser sans une once de vulgarité, à les humaniser avec beaucoup de cœur et à les théâtraliser de manière très convaincante. Ces sujets-là, sévères et épineux, il les rend passionnants et accessibles, au prix, il est vrai, de quelques facilités, en les reliant à l'actualité et aux mœurs, et en jouant sur des ressorts émotionnels. Mais on le lui pardonne volontiers, tant il y met d'intelligence, de clarté, de sincérité et de vérité. C'est l'histoire de deux jeunes garçons. Ils sont très croyants, mais ils s'aiment d'amour tendre. Tout est dans ce "mais". Il leur prend l'idée de se marier. À cette fin, ils vont consulter le curé de leur paroisse, un type plutôt moderne, sympa, ouvert, genre copain. On est en Amérique ! La chose va se compliquer. Les vœux du cœur que se sont échangés les deux garçons sont-ils compatibles avec les vœux sacrés qu'a prononcés le prêtre ? ce dilemme classique et banal ne serait que théorique si le prêtre ne se trouvait pas soumis à une dramatique épreuve qui lui rappelle qu'il est un homme. On n'en dira pas davantage. On laisse au spectateur le plaisir de découvrir une intrigue très plaisante, si l'on peut dire, et fort bien menée. On ajoutera que la construction de la pièce est habile, bien rythmée, moderne, que l'écriture en est vive, et que l'adaptation de Dominique Hollier est excellente. On saluera la qualité de l'interprétation : la fougue et la sincérité de Julien Alluguette, la finesse de Davy Sardou dans l'expression de ses tourments, la vérité confondante de Bruno Madinier et la superbe passion de Julie Debazac qui confirme son grand talent. Et enfin on rendra un hommage particulier à Anne Bourgeois dont la mise en scène et la direction d'acteurs ajoutent au spectacle une formidable dimension d'humanité.
Philippe Tesson, 5 septembre 2015



LObsGays, gays, marions-nous
Aïe ! ça commence mal : comment se fait-il que Tom et Brian, ces jeunes homos cathos qui demandent à un prêtre de les marier soient si peu au fait de la position actuelle de l'Eglise ? Si le Pape semble plus que ses prédécesseurs enclin à la miséricorde envers ces "blessés de la société", comme il dit, il n'est pas près de leur administrer le sacrement du mariage. Allons-nous assister à une pièce à thèse, de celles que les dramaturges nord-américains confectionnent en série ? Bill C. Davis est plus fin que ça. Ses personnages ne se bornent pas à défendre des idées – progressisme contre conservatisme -, ce sont des êtres animés par des pulsions imprévisibles. Ainsi, sous l'influence du prêtre, Tom décide de vivre dans la chasteté et de larguer Brian. Terminé, le mariage ! Et avec lui l'adoption du bébé qu'Irène, la sœur de Brian, allait mettre au monde et leur confier. Brave Irène qui tente de toutes ses forces de catéchiser le père Raymond et même de le vamper pour infléchir sa décision et sauver le couple de Tom et Brian. Le curé sera-t-il insensible à ses charmes ? Désobéira-t-il à ses vœux d'obéissance ?
Visiblement marqué par son éducation religieuse, Bill C. Davis est aussi l'auteur de L'Affrontement, créé avec succès voici vingt ans par Jean Piat et Francis Lalanne, et repris il y a deux ans dans une autre version par Francis Huster et Davy Sardou. Ce même Davy Sardou qu'on a plaisir a retrouvé ici, toujours naturel et touchant, dans le rôle de Tom, le croyant tourmenté. Bruno Madinier, le prêtre en qui piété et humanité se combattent, n'est pas moins juste. Quant à Julie Debazac, elle apporte à Irène l'exaltation, l'égarement léger qui affolent son confesseur. Il n'y a que le jeune Julien Alluguette sur qui on fasse des réserves. La douleur et la révolte de Brian toucheraient davantage s'il était un peu… désamidonné. Félicitations à Anne Bourgeois pour l'efficacité de sa mise en scène.
Jacques Nerson, 10 septembre 2015
 

FigaroscopeIl était une foi l'amour
Les Vœux du cœur est une pièce très américaine dans sa manière abrupte de traiter d'un sujet qui concerne l'église, le mariage. Elle est interprétée par un quatuor excellent.
Des vœux et des aveux, des élans et des serments, des embrasements, des emportements, des calculs, des manœuvres, de la joie et des chagrins, des rêves et du désespoir, de l'amitié, de l'amour: il y a tout cela dans la pièce de Bill C. Davis intitulée en anglais Avows, mot qui s'irise d'ambiguïtés renvoyant justement aux vœux et aux aveux.
Comme dans Marivaux ? Pas tout à fait ! Nous sommes dans l'Amérique d'aujourd'hui, avec sa franchise et sa naïveté, sa soumission enfantine à l'ordre, sa force radicale, sa capacité à faire bouger les lignes de la société. […]
Mise en scène rapide et précise
Traduite avec vivacité par Dominique Hollier, la pièce [serait] un peu sèche […] si elle n'était mise en scène avec intelligence par Anne Bourgeois et jouée avec une merveilleuse sincérité par un quatuor de virtuoses.
Julie Debazac est une Irène très franche et d'une désarmante confiance. Elle ne doute pas. On est touché par la tendresse dont elle enveloppe son frère. Julien Alluguette offre à Brian ce qu'il faut de juvénilité blessée. Sa révolte profonde émeut. Le Tom de Davy Sardou, troublé, s'enfonce dans une crise de conscience déstabilisante. Le comédien donne avec finesse un poids tragique au personnage. Quant au prêtre, play-boy bronzé (sortie de l'été oblige, sans doute) qu'incarne Bruno Madinier, on y croit !
[…] La mise en scène est rapide, précise, appuyée sur des décors, des vidéos, des lumières et des musiques extrêmement astucieux et toniques, signés de Sophie Jacob, de Sébastien Sidaner, de Jean-Luc Chanonat, de Jacques Cassard.
Anne Bourgeois est une remarquable directrice de jeu : les quatre interprètes sont d'excellents comédiens. Mais on les sent portés par l'intelligence et le cœur, unis. Et joyeux même dans le mélodrame… qui finit bien !
Armelle Héliot, 10 septembre 2015

TéléramaSortirLe dramaturge américain Bill C. Davis aime se colleter aux sujets religieux. Un courageux. On se souvient de L’Affrontement (entre deux prêtres de différentes générations) ; il récidive ici en interrogeant la position de l’Eglise à la fois sur le mariage des homosexuels et sur le célibat des prêtres. Sujet pas facile […] mais si bien incarné par quatre comédiens émouvants et subtils (Bruno Madinier, Davy Sardou, Julie Debazac et Julien Alluguette) que le débat finit par intriguer, piquer, toucher.
Fabienne Pascaud, Télérama Sortir, 2 septembre 2015
 

LeGrandTheatreUn quatuor de virtuoses
Une pièce de l'Américain Bill C.Davis, traduite par Dominique Hollier et mise en scène par Anne Bourgeois avec une heureuse vivacité. Elle dirige quatre comédiens sensibles qui rendent attachant le propos particulier de l'ouvrage : Julie Debazac, Julien Alluguette, Bruno Madinier, Davy Sardou.
On en reparlera plus longuement, ici et là. L'auteur de L'Affrontement se saisit d'une question qui peut être au cœur des interrogations de la société : deux jeunes gens qui s'aiment, deux garçons, très croyants, familiers de l'église, demandent à un prêtre qu'ils connaissent très bien, de bénir leur union devant Dieu.
L'auteur ajoute une sœur, qui attend un enfant qu'elle a l'intention de confier à son frère et son ami. Elle n'est pas insensible au charme du prêtre et prend un malin plaisir à le tenter... Elle sera prise à son jeu.
Bill C. Davis orchestre ces thèmes avec une habileté certaine. La traduction de Dominique Hollier est franche et le public rit beaucoup car, par-delà la gravité du propos, il sait donner une légèreté, une personnalité déliée aux personnages.
Dans un décor qui permet les changements de lieu avec des projections simples et peu d'éléments scéniques de Sophie Jacob et grâce aussi aux lumières de Jean-Luc Chanonat, la mise en scène se développe rapidement. 
Anne Bourgeois excelle à donner un rythme vif à la représentation tout en prenant grand soin de la direction d'acteurs. La distribution est excellente. Chacun ici est dans la sincérité et la subtilité. Chacun défend son personnage avec une vitalité très tonique qui séduit le public.
Julie Debazac, belle et active, soeur aimante et femme audacieuse, maternelle et libre, est merveilleuse. Face à elle, Bruno Madinier est un homme de Dieu troublé, qui ne cesse de s'interroger. Il est tout à fait convaincant.
Les deux garçons sont très touchants. Deux excellents interprètes que l'on retrouve dans des partitions délicates. Julien Alluguette, incarne un Brian ultrasensible et qui va beaucoup souffrir. Mais le Tom de Davy Sardou aussi est dans la souffrance, souvent. Rien de risible, rien de ridicule, mais l'engagement de deux êtres sincères et leurs questions de vie, de survie. Les deux comédiens sont très fins, très précis dans le chatoiement des pensées et des émotions.
C'est le tact qui domine ce spectacle qui émeut autant par son propos que par la manière magistrale et subtile de son développement dramatique, ici, au Théâtre La Bruyère.
Armelle Héliot, Le Grand Théâtre du monde, 28 août 2015


FroggysDans sa pièce la plus célèbre, "L'Affrontement", Bill C. Davis s'interrogeait sur le devenir et le sens de la religion catholique dans le monde moderne en opposant un vieux prêtre et un bouillant séminariste.
Dans "Les Vœux du cœur", le catholicisme est une nouvelle fois au centre de l'intrigue, mais Bill C. Davis mêle deux questions sensibles, celle de la place des homosexuels croyants dans la maison de Dieu et celle du vœu de chasteté des prêtres soumis à la tentation de la chair, voire au coup de foudre amoureux.
Que les agnostiques ou ceux qui appartiennent à d'autres confessions n'aient crainte : "Les Vœux du cœur" n'est pas une pièce réservée aux fidèles des offices dominicaux ni même aux spécialistes de la théologie chrétienne. Bill C. Davis, comme dans "L'Affrontement", parvient à rendre universelles les problématiques dont il se sert comme ressorts de son théâtre.
Le débat qui enflamme le couple formé par Brian et Tom aurait en effet pu surgir dans un autre contexte social ou religieux. Nés dans la foi chrétienne, respectueux de ses principes ils ne comprennent pas pourquoi leurs choix sentimentaux les excluent soudain de leur communauté et, en l'occurrence, pourquoi ils ne peuvent pas se marier. Ils cherchent une réponse auprès de leur curé, le père Raymond.
Mais celui-ci n'est pas un rhétoricien, un prêtre roué qui trouverait les arguments pour justifier les rigidités du dogme. Non, il les applique en "bon petit soldat de Dieu" et révèle sa fragilité, quand survient la sœur de Brian, Irène, qui lui append qu'elle est enceinte et qu'elle va confier son enfant aux deux garçons.
Dans "Les Vœux du cœur", Bill T. Davis s'empare adroitement de l'air du temps pour fournir un divertissement de qualité, où le rire et l'émotion trouvent chacun leur place.
Pour assurer la fluidité de l'action qui va et vient de l'église aux domiciles des protagonistes, c'est dans un décor unique très fonctionnel de Sophie Jacob que la pièce se déroule, les changements de lieu étant signalés par des effets vidéos pertinents de Sébastien Sidaner.
La mise en scène d'Anne Bourgeois a constamment cherché et trouvé les solutions pour que cette pièce pleine de discussions conserve un rythme, un tempo, un vrai suspense. Elle y parvient sans doute grâce à l'écriture de Davis qui offre à chaque personnage sa vérité et à chaque acteur toujours quelque chose à défendre.
Les quatre comédiens des "vœux du cœur" se régalent et forment un quatuor à l'unisson de la partition qu'ils jouent.
Bruno Madinier sait rendre la bonhomie inquiète du Père Raymond qui voit la vie remettre en cause son sacerdoce. Femme libre, Julie Debazac découvre le poids de sa solitude en combattant pour les autres. Julien Alluguette est l'amoureux radieux et Davy Sardou, le chrétien déchiré.
En leur compagnie, on passera une excellente soirée.
Philippe Person, Froggy's delight.com, 31 août 2015
 

CultureTops[…] 1.     Les comédiens sont excellents, en particulier Davy Sardou (Tom), convaincant en catholique enclin à la culpabilité et à la remise en question.
2.     Les dialogues sont drôles.
3.     Certains moments sont émouvants, par exemple lorsque Tom évoque la difficulté de révéler son homosexualité à ses parents.
4.     Chaque personnage défend une part de vérité..
[…] La pièce est à la fois divertissante et profonde. La réflexion suscitée va au delà de la question du mariage homosexuel : l’Eglise doit-elle s’adapter à son époque et jusqu’où ? Qu’est-ce que le courage pour un prêtre : obéir et rester fidèle comme il l’a promis pour toute sa vie ou suivre sa conscience, quitte à trahir l’enseignement de l’Eglise et être mis à l’écart ?
Louise d'Orglandes, CultureTops.fr, 15 octobre 2015