Les Cavaliers
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ArtistikRezoL'imaginaire au galop
Un spectacle tout en rêves et en lumières ou l'imaginaire galope à bride abattue à travers les steppes afghanes. Conte, théâtre et cinéma coexistent dans cette une adaptation intelligente du roman d'aventure de Joseph Kessel.
Entend-on un coeur qui cogne ou un cheval qui galope ? Peut-être les deux à la fois puisque le coeur des hommes bat au rythme de leurs chevaux dans cette province de Maïmana au Nord de l'Afghanistan. […]

Imagination et sensations
Un décor unique, composé de deux ou trois tabourets avec un rideau en arrière plan, et dans lequel se meuvent quatre acteurs, suffisent. Nous retrouvons avec plaisir la sobriété et l'efficacité des décors d'Anne Bourgeois mêlés à la simplicité du théâtre africain, car Eric Bouvron est un globe-trotteur originaire d'Afrique du Sud. Ce sont les lumières, les costumes et les jeux qui, avec adresse, transfigurent le plateau. L'évocation astucieuse du cheval avec des tabourets et des bruitages convoquent l'imagination des spectateurs qui, à l'instar d'un lecteur, est forcé de rêver. Car c'est l'imagination du public, dans ce spectacle qui prolonge la scène pour briser les murs de ce théâtre et ouvrir l'horizon des steppes afghanes.

Un spectacle également très incarné, tout en sons lumières et odeurs, qui joue sur des sensations physiques intenses et exacerbe nos sens  ; couleurs chaudes, parfum d'encens, nuits noires trouées soudainement par des chants afghans ou appels des muezzins, nous envoutent comme ces ombres chinoises, fascinantes, et nous immergent dans un univers oriental fabuleux et magique. Le comédien et musicien Khalid K. qui a plus d'un tour dans son sac, s'improvise tour à tour bruiteur, beatboxer, chanteur afin de restituer la magique atmosphère.
Entre conte et cinéma
Arrêts sur image, ralentis, noirs, bruitages et éclairages, la mise en scène joue sur une palette d'effets qui rappellent en effet le cinéma, intensifient et rythment l'action. Mais le spectacle qui débute comme un récit traditionnel, sans artefacts, rappelle régulièrement qu'il s'agit d'une histoire tirée d'un livre. Un des intérêts de cette adaptation est d'avoir développé la dimension du récit, alors que ce roman s'apparente à un conte initiatique. Histoire édifiante, offrant des réflexions sur le destin, et où la sagesse des anciens côtoie la folie et les tourments des plus jeunes, ce roman offre une belle galerie de personnages. Emplis des plus belles qualités et des pires défaut, ils sont non "finis", en plein apprentissage, et donc particulièrement théâtraux.
Le spectacle est rythmé et dynamique de bout en bout. Adapter ce roman d'aventure fleuve de huit-cent pages relevait de la gageure. C'est haut la main que la troupe a relevé le défi. [...] Une mention spéciale au comédien Eric Bouvron, qui impose une authentique et belle présence, autant dans le personnage de Mokkhi que dans celui du père. Pour tous nostalgiques de voyages,  géographiques ou théâtraux !

Jeanne Rolland, ArtistikRezo.com, 4 mars 2016

AvigNewsAdaptation, très physique et charnelle grâce à la performance quasi sportive des comédiens, et leur capacité à transformer le conte dans une épopée orientale
L'AVIS DU FESTIVALIER Le chef d'œuvre de Joseph Kessel a été adapté par Eric Bouvron, comédien, metteur en scène et grand baroudeur parcourant le monde entier pour nourrir ses créations. Il est aussitôt fasciné par ce roman d'aventure et conte initiatique dans les steppes afghanes et l'adapte avec brio. Accompagné sur scène par Grégori Baquet, révélation masculine aux Molière 2014, par l'excellent accompagnement live de Khalid K et par Maia Guéritte, il réussit à enchanter le public et à le transporter littéralement dans l'Afghanistan des années 1950, ses premières ébauches de modernité et son lot de résistances.
Mais ce qui frappe dans cette adaptation, très physique et charnelle grâce à la performance quasi sportive des comédiens, et leur capacité à transformer le conte dans une épopée orientale avec comme nœud central la question de la filiation et ses chemins retors. Ouroz est un enfant mal aimé qui a envie de plaire à son père et qui devient adulte en coupant le cordon avec ce patriarche tyrannique qui l'aime malgré lui et ne sait pas lui dire. Une éternelle question, donc, qui rend cette pièce très actuelle tout en nous faisant voyager et rêver.
V.V., AvigNews.com, 10 juillet 2014 

cultureboxIl fait déjà le buzz dans le off d’Avignon, « Les Cavaliers » de Joseph Kessel avec Eric Bouvron et Grégori Baquet, auréolé du Molière 2014 de la révélation masculine (lire l’interview). Un très joli spectacle, qui vous embarque dans une épopée aux confins de l’Afghanistan, avec deux excellents comédiens… et trois fois rien.
Il n’y a qu’à Avignon qu’on voit ça. Traverser une ville encore déserte, vue l’heure matinale, et arriver dans la salle du théâtre Actuel archi-bondée, alors qu’il n’est que 10H15 !
C’est Eric Bouvron, comédien globe-trotter d’origine sud-africaine, qui s’est lancé dans cette adaptation qui relevait de la gageure : donner en une heure trente le goût de ce roman fleuve de 800 pages. « Ça me parle cette histoire de valeurs, de relation père-fils, de transmission, de steppes, d’animaux. Mais si j’avais su combien c’est dur d’adapter un livre, je ne l’aurais pas fait. Ça m’a pris deux ans pour faire une bonne mouture… », avoue en souriant  Eric Bouvron à l’issue du spectacle.

"Théâtre à l'africaine où l'on fait des spectacles avec trois fois rien"  Pari gagné. D’abord par la mise en scène pleine d’inventions qu’Eric Bouvron co-signe avec Anne Bourgeois. « C’est comme ça que j’ai appris le théâtre en Afrique du sud, ce théâtre à l’africaine où l’on fait des spectacles avec trois fois rien. Peter Brook que j’admire beaucoup s’en est aussi beaucoup inspiré ».
On est d’emblée totalement transporté en Afghanistan avec ses odeurs, ses bruits, ses couleurs. Un nuage d’encens, un tapis persan, des tabourets en guise de montures et nous voila chevauchant dans les montagnes afghanes avec le  jeune et orgueilleux Ouroz ( Gregori Baquet) et son fidèle serviteur ( Eric Bouvron).
Gregori Baquet et Eric Bouvron ne se contentent pas d’incarner les deux héros, ils sont aussi ce père et beaucoup d’autres personnages, avec une conviction qui fait plaisir.
Nous les accompagneront au tournoi le plus important et le plus violent du pays, le Bouzkachi du Roi. Nous assisterons à la terrible chute d’Ouroz, qui brise ses rêves en brisant sa jambe. A son retour dans sa province lointaine il devra affronter son père, le grand Toursène, héritier d’une longue lignée de cavaliers jusque là couronnée par la gloire..

Bruitages en direct  Sur scène un comédien du nom de Khalid K (auteur du « Tour du monde en 80 voix ») fait un travail de bruitage en direct tout à fait remarquable. Chant du muezzine, souffle et galop des chevaux, chants afghans réinventés… "Etant marocain ce sont des ambiances et des souvenirs que j’ai beaucoup aimé recréer. Je travaille avec un micro et une wii qui est reliée à mon ordinateur", explique Khalid K. "Ce qui était magique c’est qu’ils m’ont donné carte blanche". Et Eric Boudron d’ajouter "Il intervient comme un coryphée, il crée les ambiances, l’odeur, l’espace".
Vous l’aurez compris, on a vraiment été charmé par ce voyage initiatique et philosophique qui insiste moins sur le côté spectaculaire et davantage sur la dimension morale de l’histoire, en laissant énormément de place à l’imaginaire du spectateur.
Sophie Jouve, CultureBox, 12 juillet 2014

Reg'Arts« Les Cavaliers » de Kessel  a d'abord été pour moi un de mes plus fabuleux voyages en littérature, un roman épique et foisonnant qui emporte le lecteur, envoûté par des personnages fiers, tout pétris de convictions et d'un sens de l'honneur exacerbé, des paysages âpres et fantastiques, un souffle épique animé des coutumes, traditions et légendes afghanes.
Comment rendre une telle épopée pleine de bruit et de fureur, de prodigieuses chevauchées, de combats héroïques, sur un simple  plateau ? N'allais-je point être déçue ?
Et voilà que je ressors de la salle tout aussi bouleversée que je l'avais été par le roman, émerveillée de voir ce que peut donner le mariage de la magie du théâtre avec la magie de l'Orient.
Pas grand-chose sur le plateau. Et pourtant !
Quel voyage nous est offert là !
Pas de chevaux sur la scène et pourtant, on y croit, on le voit le magnifique Jehol semblant voler dans les airs, on les voit ces  fabuleuses chevauchées.
Pas de grandes steppes arides, pas de villages, pas de forêts, pas de tentes, pas de hauts sommets et pourtant on les voit, on y croit.
On les voit la lutte violente et virtuose des bouzkachis, le marché multicolore, les chevaux qui ruent sous les coups de cravache. Rien n'est là et pourtant tout est là et c'est fantastique.
Quatre  artistes sur la scène et ils sont tous là : 
Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer, à la découverte de lui-même... Son père, le fier Toursène, tchopendoz toujours victorieux... Mokkhi, le bon sais, qui sera perverti... Zéré la prostituée, et aussi « l'aïeul de tout le monde », et le jeune bacha de Toursène, et Maksoud.
Ils sont là grâce à Grégori Baquet, Maïa Guéritte, Khalid K qui par ses bruitages et le travail sur les sons devient personnage à part entière, et Éric Bouvon qui signe également la mise en scène, un magicien inspiré, un véritable aventurier car seul un aventurier pouvait réaliser aussi parfaitement cet impossible challenge.
Premier spectacle du festival 2014, premier coup de cœur avec dans les yeux tant d'images incroyables, les courses de chevaux, le Bouzkachi, l'attaque des chiens.
Et toute la dimension humaine et philosophique de l'œuvre.
Et Jehol l'étalon magnifique.
« Pour l'étalon, son allure tenait moins de la course que du vol. Suspendu, étendu dans l'air, il ne touchait le sol que pour s'en détacher d'un seul battement. Et Ouroz, le visage contre la crinière flottante, le corps léger, délié, comme fluide, n'avait point d'autre vœu que de flotter ainsi qu'il le faisait au-dessus de la steppe et si près d'elle que cette terre, cette herbe et sa propre essence lui semblait confondues. »
Nicole Bourbon, Reg'Arts, 4 juillet 2014
 

LaTheatroteque3étoiles Les Cavaliers de Joseph Kessel mis en scène par Eric Bouvron et Anne Bourgeois, une chevauchée dans les steppes afghanes digne des romans d'aventures de Jules Verne.
Eric Bouvron, un parcours qui rappelle par certains côtés la vie de Joseph Kessel. La carte du monde s'affiche sur les lignes de leur biographie respective. Le moteur de leur existence, la découverte de cultures et de traditions. L'essence de leur moteur, la rencontre avec des peuples autochtones issus de contrées éloignées. Leur monde, un horizon inexploré qui révèle des hommes et des destins. A n'en point douter si Eric Bouvron et Joseph Kessel s'étaient croisés, ils auraient filmé le spectacle du monde et écrit de belles pages d'histoires ethniques. Anne Bourgeois, metteure en scène protéiforme qui puise ses influences artistiques dans le théâtre itinérant sur les routes de France. Belle s'avère cette rencontre entre Eric Bouvron, globe-trotteur et reporter, et Anne Bourgeois, passionnée de textes classiques et contemporains subtilement adaptés de scène en scène. La mise en scène des Cavaliers, l'alchimie de deux traducteurs du temps, qui aboutit à une réécriture éclectique du roman de Joseph Kessel.
[...] Le roman de Joseph Kessel, une œuvre romanesque dans laquelle les personnages, Ouroz, Toursène, Mokkhi et Zéré, semblent s'être échappés des pages pour présenter dignement leur histoire sur la scène du Théâtre la Bruyère. Une histoire d'homme à homme déclinée au pluriel. La relation de Toursène, le père, et Ouroz, le fils, une passerelle érigée entre autorité et orgueil. Aux questions d'Ouroz, Toursène renvoie des réponses cinglantes. Les liens du sang ne véhiculent aucun sentiment, les deux hommes n'ont strictement rien en commun, excepté l'amour d'un cheval, Jehol. Toursène exerce un pouvoir sans faille sur Rahim, son jeune Bacha. Dévoué, lui est-il jusqu'à accepter la cruauté physique de son maitre, des cicatrices la lui rappelleront. Mokkhi, le saïs de Jehol, suit Ouroz en bon serviteur, il sera de l'aventure dans le long voyage qui les conduira au Bouzkachi du Roi.
[...] La narration se vit à cœur battant, le texte dresse des hommes qui s'expriment avec force et conviction, les coutumes se devinent entre les lignes. En décalé, un homme libère une musique qui explore les bruits les plus reculés de la steppe afghane, livre des vibrations extraites à l'histoire d'un peuple, ouvre la voix sur des sentiments complexes. Khalid K, un conteur musical comme il en existe peu.
Grégori Baquet et Maïa Gueritte sont généreux dans leur interprétation respective. Ils donnent vie à des personnages aux tempéraments extrêmes. Ils en restituent le meilleur d'eux-mêmes pour inciter le public à vivre intensément l'histoire de ces hommes et des traditions greffées autour de leur existence. Leur jeu génère une dynamique existentielle qui s'accapare de l'espace, un mouvement qui s'accorde à l'intensité du moment, un balancement du temps qui se met à l'heure contemporaine.
La mise en scène, une épopée intégralement réussie grâce à une distribution de comédiens magnifiques, une scénographie simple et inventive, une création de lumières de Stéphane Baquet magistrale et respectueuse de la ligne d'écriture de Kessel. Les costumes signés Sarah Colas, la mise en valeur de l'histoire d'un peuple créée de toute main et portée avec une belle esthétique orientale de couleurs et de symboles par les comédiens.
Theatrotheque.com, avril 2016