Moby Dick
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lhumaPorter cette histoire à la scène n’a rien d’évident, et le metteur en scène Erwan Daouphars y parvient haut la main. La scénographie est astucieuse et efficace. Saluons la prestation des comédiens chanteurs. Belle idée que d’avoir réuni violoncelle, harpe et accordéon dont les partitions sont harmonieuses. Soulignons la beauté des costumes, de Renato Bianchi, qui concourent à l’enchantement du spectacle.


laprovenceTrois musiciens à la harpe, à l'accordéon et au violoncelle, accompagnent l'équipage du baleinier le Péquod... Le voyage visuel et musical commence alors pour un public envoûté par les chants guerriers du capitaine. Avec pour tout décor une estrade-ponton, la musique et l’animation sonore nous plongent au cœur du bateau et de la folie humaine. Avec sa détermination, Achab va mener le public et son équipage vers leur ultime combat contre la bête des océans : Moby Dick. Un capitaine envoûtant accompagné de son matelot, de son andalouse et des musiciens qui ont su séduire les spectateurs venus nombreux.


francebleuCette version musicale du classique d'Herman Merville envoûte le public grâce aux instruments présents sur scène mais aussi grâce à la maîtrise vocale des trois chanteurs. La mise en scène et le décor sont dépouillés. Aucune information parasite ne vient gâcher la poésie des mots. On savoure le texte, il nous submerge. La musique est vivante, produite devant le public. Les voix des comédiens, qui parlent et chantent, se mêlent et se répondent avec justesse.


laterrasseAprès le succès de Camille.C, Jonathan Kerr est parti du mythique roman de Melville, Moby Dick, pour bâtir un spectacle de théâtre musical centré sur l’affrontement de l’homme et du monstre. Il véhicule bien du fantasme - et du refoulé - ce Léviathan qui dans Moby Dick prend la forme d’une gigantesque baleine blanche. Figure archétypale de l’inconscient, de la pulsion, du caché, du mal, de l’enfoui, la proie du fameux capitaine Achab reprend, pour Jonathan Kerr, « la quintessence de mon chemin artistique ». Dans un spectacle où les chants - accompagnés à la harpe, au violoncelle et à l’accordéon - feront entendre le lyrisme de la mer et la violence du monde, Ismaël et une andalouse embarqueront avec les spectateurs sur le navire d’un capitaine qui fait chavirer les rêves. Au bout du voyage, il faut dépasser sa peur pour affronter ses énigmes et ses idéaux. Jonathan Kerr nous renvoie, après Camille Claudel, en suspension au-dessus des abysses de la folie. 


webtheaCouronné d’un Molière pour Camille C, Jonhatan Kerr milite pour le renouveau du théâtre chanté. En compagnie de Jean-Luc Annaix, il a publié l’an dernier un Manifeste pour un théâtre musical populaire et, joignant le spectacle à la parole, il crée sa nouvelle pièce musicale en la jouant lui-même : Moby Dick. Ce n’est pas une adaptation du roman de Melville, mais une variation, une réappropriation, une réinvention, une écriture personnelle dans le sillage d’un mythe. Sur une aire de planches surmontée d’une galerie où jouent trois musiciennes, et qui est aussi une seconde aire de jeu, le capitaine Achab chante ses plaintes et ses combats. Est-il sur un bateau secoué par les vagues, ou ailleurs, dans une folie loin de la réalité, dans une lutte imaginaire et fantastique ? Bien des interprétations sont possibles, de même que l’on peut s’interroger sur la présence d’un marin, partenaire obéissant de chaque aventure. Et cette Andalouse dont il rêve et qu’il veut étreindre, est-elle réelle ou fictive ? Cette femme n’est pas dans le roman. Elle est une totale, et forte, invention de Jonahan Kerr qui ajoute la quête de la femme à celle du monstre marin. Ce que Kerr a écrit et composé, c’est un peu, pour Moby Dick, ce qu’est L’Homme de la Mancha à Don Quichotte : une projection d’une fiction ancienne dans une sensibilité moderne, et la transformation d’un roman dans une série de grands récitatifs où l’anecdote disparaît au profit d’un cri essentiel. Jonathan Kerr porte ce Moby Dick taillé à sa dimension (qui est grande !) avec une forte autorité opératique. Des acteurs-auteurs-compositeurs de cet acabit, on n’en connaît pas beaucoup : Kerr est un athlète de la scène que son écriture et sa musique poussent au plus intense de son jeu. Amala Landré incarne l’Andalouse avec, elle aussi, une pluralité de moyens : la grâce, l’acrobatie, le phrasé. Laurent Malot joue une sorte de Sganarelle troublé par son rôle de second couteau, et il est très bien. Le metteur en scène Erwan Douaphars a habilement réglé l’imbrication d’un combat solitaire dans une explosion de l’action collective et musicale. Ce Moby Dick, qui se déroule comme une suite d’éclairs trouant la nuit mentale d’un chasseur, a la belle pulsion des meilleurs spectacles musicaux et la puissance grave d’un oratorio. Gilles Costaz

FrancemusqieuActuellement au Vingtième Théâtre, une vraie création, audacieuse : c’est Moby Dick. Vous l’avez peut-être entendu il y a quelques jours, son auteur Jonathan Kerr était l’invité d’Alex Taylor dans ‘Musique Matin’. C’est du théâtre musical on ne peut plus dépouillé : 3 musiciennes en habits de marin sur scène, un moussaillon, un capitaine et puis une Andalouse dans le rôle de la baleine qui hypnotise le capitaine Achab. Créé à Avignon l’été dernier, le résultat est très écrit, Herman Melville introduit lui-même son histoire, et on va entrer peu à peu dans la folie du capitaine.
La musique est le point fort de cette comédie musicale. La harpe, le violoncelle, l’accordéon recréent la houle : on est vraiment sur un bateau. Les musiques sont prenantes, ça tire vers la musique irlandaise avec les notes d’accordéon. La personnalité du capitaine est riche, complexe. Le livret fait la part belle aux grandes tirades. Deux acteurs excellents, Laurent Malot et un Jonathan Kerr totalement illuminé qui interprète dans le rôle du capitaine Achab cette chanson qui est une véritable déclaration de foi :
Impossible marié. Laurent Valière 
 

discordanceLe plus grand classique de la littérature américaine a inspiré Jonathan Kerr pour une adaptation des plus étonnantes. Imaginez trois musiciennes placées en hauteur sur des plaques en acier représentant le pont du navire. Trois instruments qui vont donner le ton à cette pièce mélancolique.
Un violoncelle et un accordéon de part et d’autre de la scène, et au milieu une harpe symbolisant la gueule béante de Moby Dick qui hante l’espace. Mais aussi l’esprit du capitaine Achab. Il vit dans l’attente et la vengeance. Depuis qu’elle lui a arraché la jambe, il ne vit que dans l’espoir de la retrouver et de la tuer. Achab brillamment interprété par
Jonathan Kerr
sombre dans le désespoir au fond de sa cabine. Il a abandonné son équipage depuis plusieurs jours, et Ismael, un marin présent sur le navire va tenter de comprendre l’abattement du capitaine, le sortir de sa folie, le ramener à ses fonctions et ainsi rétablir l’ordre sur le bateau. Un troisième personnage, l’Andalouse, jeune femme envoutante vêtue de noir, apparaît tel un fantôme tout au long de la pièce comme une représentation conjointe de Moby Dick et du destin du capitaine. Le spectateur pourrait même y deviner un amour lointain, perdu au-delà des mers et des océans.
Achab, Ismael et l’Andalouse vont mêler leurs voix, parlées et chantées, pour dessiner la lutte perpétuelle du capitaine avec ses propres démons. Il est hanté par Moby Dick, à tel point qu’il perd le goût de la vie, oublie de se nourrir, se mure au fond de sa cabine, broie du noir en ne pensant qu’au jour où son besoin de vengeance sera enfin assouvi. L’Andalouse et Ismael tentent de le raisonner, mais en vain.
Moby Dick ou le chant du monstre
est un spectacle de théâtre musical finement écrit et finement interprété. Le metteur en scène Erwan Daouphars joue avec les ambiances en alternant entre une atmosphère sombre et lumineuse, enchantée puis funeste. Des changements de rythme qui font de cette pièce un véritable bijou, où le spectateur lui-même entame un parcours initiatique au plus profond de son âme. Une invitation au voyage vers les contrées les plus obscures et mystérieuses qui nous habitent. Jonathan Kerr soulève ici la question du pardon. Et s’il n’était qu’un moyen de nous libérer de nos chaînes du passé ?


musicalavenuePremière belle surprise sur scène, le traditionnel piano est abandonné au profit d'un ensemble composé d'un accordéon, d'une harpe et d'un violoncelle. Dépaysement garanti ! En découvrant la scénographie, on comprend par contre que le parti pris sera de faire appel à l'imagination du spectateur pour laisser la pleine place au texte. Une structure métallique suggère ainsi une passerelle de bateau sur le côté et accueille les instruments en fond de scène, avec quelques éléments mobiles tels que des miroirs.
Fond sonore marin, pénombre inquiétante sur ce décor et les comédiens apparaissent peu à peu dans une atmosphère lourde et mystérieuse installée dès les premières notes. La musique, omniprésente et magnifiée par l'orchestre, ainsi que quelques effets sonores bien choisis, constituent sans aucun doute la grande force
de cette comédie musicale atypique. Le final, en particulier, est un moment splendide qui ne peut que ravir les amateurs de belles mélodies.
Comme à son habitude, Jonathan Kerr, qui se décrit lui-même comme un "auteur qui compose", nous propose un texte très soigné avec un niveau de langue élevé
, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. Certaines séquences happent littéralement le spectateur par le seul pouvoir des mots, offrant même de beaux moments de poésie.
Concernant les comédiens, Laurent Malot
(Ismaël, le marin), qui nous avait déjà fait forte impression lors de la lecture du même spectacle, confirme ses qualités tant dans le jeu que dans ses quelques chansons. Quant à Amala Landré (Un violon sur le toit), qui a pris la place de Sophie Delmas dans le rôle de l'Andalouse, elle joue sa partition à la perfection, démontrant un talent indéniable en chant et en danse, et ce, malgré un rôle particulièrement compliqué puisqu'elle n'apparaît qu'en songe au capitaine Achab. Enfin, Jonathan Kerr s'est offert un rôle taillé pour lui, tant vocalement que sur le plan du jeu, en particulier pour créer l'illusion d'une jambe de bois. Et quelle énergie !
Indéniablement, Jonathan Kerr signe un texte et surtout une partition de très grande qualité,
en restant sur sa ligne qui consiste à créer des spectacles intimistes où le texte occupe une place prépondérante. Moby Dick ou le chant du monstre est un spectacle à découvrir, pour sa partition, son orchestration et ses artistes, et notamment Jonathan Kerr qui livre une performance de très haut niveau.