L’histoire a été mille fois reprise, relue, décortiquée, adaptée, avec plus ou mois de savoir-faire et de pertinence. On se dirige donc a priori sans hâte vers cette nouvelle proposition de merveilleux en compagnie de l’héroïne de Lewis Caroll, connaissant d’avance tous les personnages, les rebondissements de son escapade insolite. Surprise : dès les premières minutes, les réticences tombent. La justesse des acteurs, l’ingéniosité de la mise en scène sans excès de moyens et d’artifices (bravo pour le rendu de la longue chute et des métamorphoses d’Alice) suffisent à faire la différence. La Compagnie Parci-Parlà, amicalement soutenue par Philippe Noiret, qui intervient en voix off, signe là une adaptation d’une séduisante vigueur.
À la nième Alice au Pays des Merveilles, on se demande se que celle-là apporte de plus. D’abord un retour très marqué au texte d’origine, plutôt reposant après les mille et une galipettes théâtrales déjà vues. Le ton est donné d’emblée, avec Philippe Noiret en voix off, qui intervient comme récitant sur un ton au second degré. Le reste est à l’avenant, avec un scrupuleux respect des péripéties fondées sur ce non-sens que les Anglais affectionnent et qui se suffit à lui-même au royaume de la fantaisie.
Une excellente adaptation !
Sur scène, un livre géant. La voix chaude de Noiret raconte… Alice, l’héroïne de l’histoire en question, s’endort. Quand soudain, consultant frénétiquement sa montre à gousset, un lapin blanc très pressé passe bruyamment sans même s’arrêter. Alice, de nature curieuse, le suit dans son terrier… et fait une chute vertigineuse dans un monde merveilleux où vivent une chenille philosophe, un chat souriant ayant perdu la tête et une reine qui veut couper la tête à tous ses sujets.
Un univers bizarre – folie douce et fantaisie – et que la plupart des enfants connaissent. Entre jeux de mots et anachronismes flagrants, la compagnie Parci-Parlà prend quelque liberté avec le texte de Lewis Carroll, et c’est à mourir de rire ! Adapter une histoire si saugrenue était un pari fou : le voilà relevé avec bien du talent.
… L’histoire est connue de tous, mais adaptée au théâtre, elle prend une tout autre dimension. Loin de la froideur et du réalisme d’un écran de télévision ou de cinéma, les enfants vont devoir utiliser la clé de leur imaginaire pour pénétrer dans la salle aux mille portes.
… Les yeux écarquillés, les enfants se laissent prendre par la douce folie de l’histoire. (…) Les costumes sont très réussis, aussi colorés et délirants que des rêves d’enfants. Toutes les scènes et les personnages extravagants se succèdent sur le rythme d’une musique enlevée, jusqu’à l’anthologique partie de croquet. La vilaine reine de cœur, plus tyrannique que jamais, clôt la pièce en beauté. Entourée de ses cartes à jouer, la vilaine femme ne pense qu’à couper des têtes, et surtout celle d’Alice ! Dans un sursaut, la petite fille sort de ce rêve qui tourne au cauchemar, le livre peut se refermer sur le pays des merveilles…
© Lard’Enfer
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