Fratelli
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LaProvenceUn vrai coup de cœur
Les célèbres frères Carusi connurent leur heure de gloire au Théâtre San Carlo, à Naples (Italie), quand l'un dansait dans un ballet et l'autre chantait l'opéra.
Les voilà vieux et ruinés, terrés ensemble dans une mansarde à Paris. Mauro est paralysé et Sauro se prostitue pour pouvoir vivre.
Ce huis clos tragique est servi par deux comédiens exceptionnels qui nous livrent un duo d'acteurs hors du commun. Les deux frères s'aiment et se déchirent cruellement, taisant quelques secrets de famille certainement trop difficiles à avouer.
La nuit, loin de les apaiser, ravive les souvenirs douloureux et le fantôme de leur mère injuste dans son amour pour ses fils alors qu'ils étaient enfants, vient les hanter.
Le désespoir est traité avec humour, à la manière italienne, et c'est toute la performance de ce texte remarquable aux dialogues finement ciselés. Avec, encore une fois, une mention spéciale pour les deux acteurs Jean-Paul Farré et Henri Courseaux.
Jocelyne Battistini, La Provence, 19 juillet 2017


LeCanardEnchaineL’un est un ex-ténor, l’autre un ex-danseur. L’un est cloué sur un fauteuil roulant, l’autre se tient bien droit, le menton haut. L’un attend sa soupe, tandis que l’autre va faire le tapin.
Tels sont les frères Carusi, incarnés par Jean-Paul Farré et Henri Courseaux. Ces deux bêtes de scène, domptées par Stéphane Cottin, jubilent en frangins qui, dans leur petite chambre miteuse, s’aiment et s’envoient des flèches empoisonnées quand ils ne chantent pas Verdi ou Puccini. Ces artistes-là connaissent la musique. Ils ont mille cordes à leur arc !
12 juillet 2017


MidiLibre "Fratelli", Mama Mia quels talents !
Dans la jungle du Off, ne cherchez plus la pépite, la pièce où le partage entre acteurs et public est complet. Fratelli vous offre l'histoire de deux jumeaux italiens Carusi, Mauro le paralysé et ex-ténor et Sauro, l'ex-danseur étoile qui, dans l'oubli, passent le reste de leur vie dans une chambre de bonne parisienne dans un état de pauvreté extrême.
Dans un décor de misère où les jeux d'ombre révèlent leur jeunesse, ils ressassent leur vie d'antan et les tourments qui les habitent. Sauro, assiste son frère dans le quotidien avec amour, fidélité. S'installent dès lors des interrogations qui interpellent : quel était le fils préféré de leur mère ? Les frères s'aimaient-ils ? La Mamma ne les a-t-elle pas oublié plus tard ? Exploit de l’autrice, Dorinne Hollier, ce côté peur qui les habite dans leur émouvante lutte entre la vie, la mort et leur dépendance est servi par une écriture truculente à l'Italienne.
Invectives en mots pas toujours doux envers le frère danseur homosexuel « tu es une marionnette effilochée déguisée en infirmière » ou langage d'aujourd'hui, cette pièce est un mix de rires et d'émotivité al dente interprétée par deux monstres du théâtre, de la TV et du cinéma. Jean Paul Farré (Molière du théâtre musical) dans le rôle de Mauro, le rêveur insatisfait, montre un timbre de voix et une énergie exceptionnels et Henri Courseaux (Molière de comédien second rôle) la "demie femme", une aisance incroyable sur scène. Pour une première en France cette complicité d'acteurs multi-facettes devrait recueillir un grand succès.
11 juillet 2017


LeParisien Frères ennemis de « Fratelli », Jean-Paul Farré et Henri Courseaux sont les parfaits clowns tristes d’une farce noire et drôle.
6 juillet 2017


Webtheatre3 étoiles Une double danse de mort
Ils sont frères de sang et de scène. Ils ont eu leur heure de gloire à Naples, au théâtre San Carlo. L’un dansait, l’autre chantait. Ils étaient au plus haut, les voilà au plus bas. Le destin les a fait échouer à Paris (triste ville, en face de Naples !) dans une mansarde sinistre. La fraternité consiste, pour eux, à se haïr et à se jalouser. Ils n’ont pas les mêmes mœurs et les mêmes idées, ils ressassent leurs vieilles querelles ; le premier en tentant de soulever ses vieilles jambes qui ne veulent plus danser, le second en s’agitant dans le fauteuil roulant où il est cloué. C’est une double danse de mort. Qui survivra le plus longtemps à cette guerre fratricide ?
La pièce de Dorine Hollier est une tragédie comique, d’un humour noir et baroque. Les mots sont crus, les insultes colorées. Beau texte ! L’auteur mène parfaitement sa barque en eaux troubles. Le metteur en scène Stéphane Cottin cultive le climat glauque, introduit quelques effets surprenants et conduit finement ce conflit en lignes brisées. Ce qu’on aime sans doute le plus, c’est la façon dont les deux comédiens s’emparent de ces rôles de personnages ignobles mais pitoyables. Henri Courseaux incarne l’ancien danseur comme dans le souvenir du Casanova de Fellini : le rouge aux joues, le cheveu en boucles, la parole altière. Il est un formidable matamore déchu. Jean-Paul Farré est l’autre frère, prisonnier dans sa chaise roulante. Il compose un personnage plus pugnace, à la cruauté toujours renouvelée. Lui aussi est très étonnant, opposant à la rêverie désespérée de son frère ennemi la sècheresse et le refus de céder à l’émotion. L’un et l’autre nous jouent en beauté un scénario qui pourrait s’appeler affreux, malins et méchants.
Gilles Costaz, Webtheatre, 18 juillet 2017


FroggysDans la chambre miteuse qu’ils partagent, Sauro et Mauro les deux frères Carusi, vieilles gloires déchues du Théâtre San Carlo de Naples, semblent prisonniers de leur passé et de leurs désillusions. La faim au ventre, le corps qui se délabre, ils se racontent des histoires scintillantes ou des souvenirs d’enfance.
L’un, Mauro (Jean-Paul Farré) ex-ténor est cloué à son fauteuil roulant, l’autre, Sauro (Henri Courseaux), ancien danseur étoile tente vainement d’entretenir sa technique en travaillant à la barre.
Leurs échanges font ressusciter leur gloire d’antan. Pour Mauro, c’est Gina son amour perdu qui le tient et, par-dessus cela, pour les deux, le fantôme de la Mamma disparue les hante jusqu’au cauchemar.
Dans l’attente de la visite imminente de l’huissier qui doit saisir leur appartement ou de celle, plus hypothétique de Gina, ils se remémorent les douceurs de l’Italie du temps des paradis perdus. Leur complicité permet d’oublier pour un moment, dans les lambeaux de leur carrière, la misère dans laquelle ils baignent à présent.
"Fratelli" de Dorine Hollier propose une belle partition pour un duo d’acteurs dans une pièce où la farce et la poésie cachent la gravité de la situation. Ressassant leurs souvenirs et leurs obsessions jusqu’au mirage, les deux frères comme dans "Petit boulot pour vieux clown" de Matei Visniec s’inventent des rêves pour ne pas sombrer.
Jean-Paul Farré avec sa gouaille habituelle compose un Mauro braillard et pathétique. Quant à Henri Courseaux, sublime, il campe ce Sauro grandiloquent avec tendresse et panache. Il est époustouflant. Leur face-à-face aux savoureuses répliques se déguste comme une glace italienne.
Stéphane Cottin à la mise en scène, dont on se souvient du magnifique "Les combustibles", dirige avec acuité et talent ces deux grands comédiens. Sa scénographie donne au huis clos bien éclairé par Marie-Hélène Pinon une ambiance particulièrement onirique et prenante.
Bravissimo !
Nicolas Arnstram, Froggy's delight, juillet 2017