La Dame de chez Maxim
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LeParisienMagazineCostumes noirs, bodys glamour à la Jean Paul Gaultier, ambiance électro-rock et baroque à la fois, six acteurs et deux actrices poussent la chansonnette. Mais, contrairement aux apparences, on n’est pas dans une comédie musicale contemporaine. Sitôt les premières notes envolées, retour à un décor plus début de – XXe – siècle. Nous voilà chez Feydeau, dans un appartement bourgeois. Le docteur Petypon se réveille un matin, après une nuit d’ivresse. Dans son lit, un joli brin de femme, la Môme Crevette (Vanessa Cailhol). Que fait-elle là ? Et comment s’en débarrasser ? De quiproquos savoureux en mensonges éhontés, ce vaudeville, tableau au vitriol de la société petite-bourgeoises à la bêtise crasse, nous balade de Paris à la province. La metteuse en scène Johanna Boyé s’en empare avec un spectacle pop survitaminé et bourré de trouvailles : clins d’œil à James Bond, histoires de revenants, scénographie mobile et acteurs multicarte incarnant des personnages à la fois hilarants et pathétiques.
Nedjma Van Egmond, 8 septembre 2017


Figaroscope3 coeurs La Dame de chez Maxim, c’est une galerie de vingt-sept personnages. Les huit comédiens-musiciens mis en scène par Johanna Boyé n’ont donc pas le temps de souffler. Tant mieux, Feydeau, il faut que ça pulse. Ne surtout pas intellectualiser. Bien sûr, la critique des bourgeois et de la bêtise est féroce. Mais pour qu’elle soit jubilatoire pour le spectateur, il faut du rythme, du rythme et encore du rythme.
Le Docteur Petypon a fait la bombe jusqu’au petit matin ? Le réveil est douloureux ? Il n’aura pas un moment de répit. La Môme Crevette, danseuse au Moulin-Rouge trouvée dans son lit, va lui en faire voir de toutes les couleurs, bien aidée par des quiproquos dont Feydeau a le secret.
A la création dans le Off d’Avignon en juillet dernier, la troupe […] ne confondait pas vitesse et précipitation. Elle bougeait et chantait pas mal, sans trop forcer sur l’accent rock. Feydeau se suffit à lui-même. « Et allez donc, c’est pas mon père ! »
Etienne Sorin, 6 septembre 2017



TheatralMagazineUne actualisation captivante !
La Môme Crevette est danseuse et chanteuse, et illumine le Moulin Rouge quand elle s’y produit. Ce charme exubérant ne la quitte jamais : entre tous, on ne voit qu’elle… Ce qui n’arrange en rien le docteur Petypon, lui qui aimerait la faire disparaître après leur aventure d’un soir dont sa femme ne doit rien apprendre. Au fil des rebondissements, la Môme s’infiltre dans son entourage et, contre tout attente, parvient à en séduire tous les membres. La comédienne Vanessa Cailhol, qui incarne ce personnage haut en couleurs, porte la pièce et rayonne tout du long. La troupe de huit comédiens peut se targuer d’avoir atteint une harmonie rare : chacun, par la sincérité et l’autodérision de son jeu, y apporte quelque chose.
Mais c’est aussi le talent de Johanna Boyé qui permet d’actualiser le texte de Feydeau, en laissant intacte sa tonalité badine, et parfois provocante : par sa mise en scène enthousiaste, la pièce échappe à toute lourdeur malgré sa densité. La musique et la danse s’invitent elles aussi dans la représentation, donnant à la pièce un dynamisme en parfait accord avec son argument.
Ainsi les thèmes principaux de la pièce demeurent parfaitement actuels, comme par exemple celui du clivage entre Parisiens et provinciaux. Il est utilisé ici comme ressort humoristique échappant au temps plutôt que comme objet de lamentation, à l’image de cette pièce qui choisit toujours la voie du rire pour parler de la vie.
Une vraie réussite !
Victoria Hatem, novembre 2017


FranceCatho Revisité et réussi
Feydeau est désormais un classique. Mais encore suffisamment proche de nous pour qu’il soit possible de rendre compte de sa saveur dans des termes contemporains. C’est ce qui est fait ici, pour notre plus grand bonheur.
En une heure et demie La Dame de chez Maxim, voilà le défi que s’est lancé la compagnie Les Sans Chapiteau fixe dont la fondatrice, Johanna Boyé, avait reçu le prix du Théâtre 13 en 2013.
Or cette pièce est une des plus longues qu’ait écrites Feydeau. Il a donc fallu faire des coupes. Qui ont été si habiles qu’elles sont invisibles pour qui ne connaît pas l’original.
Lors de l’entrée du public, ce dernier peut se demander où il est tombé : des êtres étranges tout de cuir et résille plus ou moins vêtus lui souhaitent la bienvenue à coup d’œillades appuyées. Mais il s’agit simplement de donner l’échelle : voilà ce que signifiait aller chez Maxim à l’époque. C’était un lieu de perdition où on n’aurait pas emmené sa femme. Une fois cette mise au point faite, la pièce commence le plus normalement du monde, avec des personnages relativement intemporels, même s’ils sont résolument modernes dans leurs attitudes et accoutrements.
Grâce à cet artifice de départ, on comprend mieux l’horreur de la situation lorsque l’épouse annonce à son mari qu’elle l’a embrassé au matin sur le bout du front qui dépassait des draps alors qu’en fait il était tellement « rond comme une queue de pelle » qu’il a dormi par terre…
Ce n’est là que le premier quiproquo d’une série de quasi-catastrophes et on en perd haleine pour les comédiens ! Le rythme, infernal, est tenu – et soutenu par une musique complètement en phase avec les émotions exprimées – d’un bout à l’autre de la pièce. Le duo comique entre la légitime, bigote incrédule, et la chanteuse danseuse qui ne réussit qu’à demi à jouer la mondaine est parfait. En effet, aucune caricature dans leur jeu, mais une justesse du personnage qui ne cède en rien au comique que chacun dégage. Les autres protagonistes sont chacun dans leur genre tout aussi bons : on croit au général ou au collègue qui finit par ne plus soutenir son ami que du bout des lèvres, voire plus du tout, pour ne citer que ceux-là.
La troupe a réussi le pari de dépoussiérer Feydeau (qui, comme Labiche, peut devenir très daté lorsque ses œuvres sont jouées dans leur jus). Notamment en insérant une véritable dimension chorégraphiée à ce qui est au départ une pièce de théâtre avec des passages chantés. On rit de bon cœur. Alors que les comédiens ne font que nous tendre un miroir : en effet, le souci de la metteur en scène a été, en réduisant la pièce à sept personnages, de nous montrer nos archétypes contemporains… Castigat ridendo mores* disait déjà Molière.
Pierre François, 15 septembre 2017
* « La comédie châtie les mœurs en riant. »


LaProvence“La Dame de chez Maxim” (c’est dingue !)
Il suffit qu'un petit-bourgeois trompe sa femme avec une danseuse du Moulin Rouge pour que la mécanique du vaudeville soit enclenchée. Mais lorsque Georges Feydeau est aux manettes, cela confine au génie. Après une entrée en matière à l’ambiance très inattendue, la mise en scène bascule dans cet univers bourgeois et demi-mondain cher au cœur de l’auteur. Les portes ne claquent pas, puisqu’elles sont absentes, dans un décor des plus simples. Il faut donc s’en remettre à la mise en scène et à l’interprétation. Et là, c’est un véritable feu d’artifice ! Toute la troupe est au diapason de la folie que le roi Georges a instillé dans son œuvre, et qui s'empare de tous les comédiens. Tous font preuve d’une belle énergie et d’un abattage comique qui ravissent le spectateur de bout en bout. Il faut décerner une mention spéciale à Vanessa Cailhol, qui joue de la gambette et de la prunelle avec un art consommé, et une gourmandise prompte à damner tous les saints de la création.
Cette Dame de chez Maxim est centenaire, mais n'a pas pris une ride grâce à la pétulance de son interprète. L4ensemble est rythmé avec une précision d’horloger ; celle de Feydeau ne souffrant pas l’à-peu-près. C’est fou, c’est dingue, on rit, on rit et on en pleure… de rire ! Et nul doute que Feydeau eût été emballé par le résultat, et que chacun scandera en sortant : « Eh allez donc ! C’est pas mon père. »
Jean-Noël Grando, 12 juillet 2017


MarianneFeydeau ne se contente pas de mener la galéjade à un train d’enfer, usant de tous les stratagèmes pour que le spectateur se tape sur les cuisses. Il renvoie également (et il ne faut jamais l’oublier) une image terrible de la société de son temps, en l’occurrence de la bourgeoisie méprisante, arrogante et hypocrite.
On ne rentrera pas dans le détail d’une histoire un peu foldingue qui joue sur les quiproquos, les jeux de mots, sur fond de cocufiage (consommé ou non). Disons que la dame en question est une chanteuse du Moulin Rouge projetée dans le monde de ses clients, lesquels aiment l’avoir dans leur lit mais pas dans leur maison. D’où un enchainement de scènes féroces, drolatiques, burlesques, menées au rythme d’un concert de rock. Tout rentre dans l’ordre en fin de spectacle. Reste que la bourgeoisie s’est donnée en spectacle, et que ce n’est pas forcément beau à voir.
Jack Dion, Marianne, 22 juillet 2017
 

TheatralMagazineLa Dame de chez Maxim : Maxim Môme !
C’est une adaptation d’une des pièces les plus emblématiques de Feydeau pour une équipe de sept comédiens chanteurs, en tête de laquelle on retrouve avec plaisir Vanessa Cailhol qui brille par sa présence et sa jolie voix. On y chante, on y danse, les quiproquos sont là et bien là… Et les personnages – toujours tournés en ridicules chez Feydeau –  sont au rendez-vous : la Môme crevette, Petypont, Mongicourt et tout le toutim ! Les espaces sont repensés grâce à de grands podiums mobiles tendus de tulles qui ont suppléé les chambres et salons bourgeois de la comédie, et c’est en boîte de nuit que s’amorce l’intrigue. […] la trame demeure et les couplets ajoutés apportent de la gaité et de la respiration, les comédiens ont de l’abattage et du dynamisme […] …
François Varlin, Théâtral Magazine, 18 juillet 2017


VaucluseMatin“La Dame de chez Maxim” : ça mouille la chemise sur le plateau
Voilà un petit bijou de Feydeau à croquer tout de go ! C’est merveilleusement bien troussé, voire détroussé, déjanté, un brin déluré, solidement chorégraphié et chanté !
Feydeau et ses portes n’ont qu’à bien se tenir, on les a tout bonnement enlevées, nul risque qu’elles restent coincées. Du reste, le trait ne l’est pas pour deux sous, puisque le metteur en scène Johanna Boyé a convoqué le Cabaret de Madame Arthur et ses drôles de créatures pour habiller le tout. À bien y réfléchir, on ne s’est embarrassé de rien, tout ce qui gênait a été enlevé, resserré. Exit le décor bourgeois, à bas les accessoires d’époque, au placard les costumes chichiteux, ne reste que la belle mécanique, les habiles quiproquos et ça mouille la chemise sur le plateau. Tous les comédiens sont au diapason, mention particulière à Vanessa Cailhol, alias La Môme Crevette, qui revisite avec énergie les attitudes d’une ballerine. Les répliques fusent sur scène tout comme le rire dans le public. Bref, pour reprendre une expression très Feydeau « C’est à se tordre ! ».
Sophie Bauret, Vaucluse Matin, 24 juillet 2017



SpectacleSélectionCe qui caractérise Georges Feydeau, ce n’est à coup sûr pas la vraisemblance linéaire de l’intrigue, mais avant tout son mouvement irrésistible. Une suite sans répit de quiproquos s’enchaîne à partir d’un événement convenu, ici la nuit plutôt arrosée et égrillarde d’un médecin banal. Marié à une bourgeoise pieuse et coincée, il est allé s’encanailler auprès de la Môme Crevette, une danseuse affriolante et plus que court vêtue, qu’il a eu l’idée saugrenue de ramener chez lui. Au réveil, tout va déraper, l’oncle lointain dont on guette l’héritage s’invite inopinément, force est de trouver sans réflexion préalable une solution aux aléas qui vont découler du premier mensonge.
La sémillante danseuse de cabaret sauve en apparence la mise à chaque aiguillage de l’intrigue, elle séduit tout un chacun par sa gouaille jubilatoire, pousse ses propres pions en quête d’un beau mariage. Le tout sur fond de choc culturel entre les « Parisiens » et les snobs de province. Les voix célestes s’invitent au programme pour éloigner avec un succès mitigé l’épouse crédule. Qui est qui ? Qui est marié avec qui ? Qui épousera qui ? Autant de faux mystères que balaie le délire collectif. Un siège magique permet de joyeux arrêts sur image, les travestis et autres costumes contribuent à noyer encore plus les identités dans un flou déjanté, dont on sort complètement essoufflé, à bout d’éclats de rire.
L’espace scénique très dépouillé autorise de grandes traversées, courses et chorégraphies, favorisées par des structures aérées et mobiles. Ça saute et virevolte de toutes parts. La troupe s’en donne à cœur et chœur joie. 
La férocité du trait y trouve pleinement son compte, nul n’est épargné dans cette satire intemporelle des mœurs et travers, toutes époques confondues.
Feydeau dans la coulisse se régale. 
A.D., publié dans la Lettre n° 437 du 13 septembre 2017