Marco Polo et l'Hirondelle du Khan
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Note d’intention


Après avoir voyagé dans un monde esthétique et fascinant au travers de ma dernière création, « Les Cavaliers » d’après Joseph Kessel, j’avais la sensation de ne pas avoir satisfait ma soif pour ce monde oriental et mystérieux des steppes. J’avais envie d’y retourner et c’est Marco Polo qui m’a ensorcelé. D’ailleurs j’ai rencontré Marco Polo quand j’étais tout petit déjà. Les dessins d’une BD qui m’amenaient dans des paysages et un univers complètement inconnu. Pour un gamin vivant en Afrique du Sud, c’était l’exotisme pur !

Mais, en plongeant dans les livres, les documentaires sur la vie de Marco Polo et de son époque, j’ai rencontré encore une autre personne : l’incroyable Kublai Khan. Ce conquérant fou et meurtrier et petit fils du grand Mongol, Ghengis Khan.  Celui qui a posé la première pierre pour la construction de la Chine, telle qu’on la connait aujourd’hui.

On ne sait rien de la vie intime de Marco et ni du Khan. Mais ils ont partagé un bout de vie ensemble. Plus de 16 ans.
C’est certainement une force chamanique des steppes qui  m’a saisi pour que je puisse raconter cette première rencontre entre ces deux hommes. De différentes générations. De cultures, de visions, de statuts, de coutumes et de croyances différentes.

Mise en scène

Comment raconter l’univers merveilleux d’un passé que seul l’imaginaire peut faire revenir ?
Avec le son. La musique et comme dans tous mes spectacles, avec un jeu de comédiens qui s’appuie sur la suggestion pour solliciter constamment l’imaginaire du spectateur. Exemple : Un tabouret devient un cheval dans « Les Cavaliers ».
Après avoir exploré le son avec le bruiteur-musicien, Khalid K avec lequel les acteurs trouvaient un partenaire avec le son et la musique apportant encore plus d’émotion aux situations, j’avais envie d’aller encore plus loin en incluant une chanteuse lyrique 
et des musiciennes-chanteuses mongoles. Je suis sûr que cela va amener encore plus la dimension épique et un élément de sacré qui est nécessaire à l’histoire.

C’est une approche qui frôle l’opéra mais on reste au théâtre.

Les personnages
Trois comédiens pour interpréter le Khan, Marco Polo, la femme tatouée.
Trois musiciennes/chanteuses qui créent tout le son et la musique en direct.
Elles seront partout sur la scène, comme des esprits flottants. Comme les coryphées des tragédies grecques.
Marco est jeune. 20 ans. Curieux. Ambitieux. Assoiffé d’aventure.  Il sait très bien que son charme et sa fausse naïveté sont des armes dans la cour du Khan.
Le Khan. 60 ans. Souffrant des douleurs liées à l’âge il suit son ambition d’unificateur. Patient. Possessif. Manipulateur et néanmoins une grande sensibilité se cache sous sa peau de conquérant.
La femme tatouée. 40 ans. Charismatique. Elle danse merveilleusement bien. Venant d’un peuple tribal, son corps est tatoué. Signe de beauté et lien avec les croyances. Fidèle envers son Khan, son mari. Curieuse de connaître le ‘blanc’ venu d’ailleurs, elle va succomber aux charmes de Marco.

Scénographie
Le décor est dénudé. Une petite scène, en pente, se trouve au centre du plateau créant ainsi  deux niveaux de jeu.
Il suffit de couvrir la petite scène avec des fourrures et  elle devient un énorme lit.
Le sol doit sembler être du marbre. Clair gris. Donnant l’impression d’un matériau noble et brut. Le sol clair va apporter encore plus de luminosité avec les jeux de lumières.
L’espace ‘vide’ mettra en valeur les personnages, en costumes d’époque et permettra un jeu qui s’appuie sur  l’imaginaire.

Eric Bouvron