Les Cavaliers
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À noter : Vanessa Kryceve remplace désormais Maïa Guéritte, et Benjamin Penamaria succède à Grégori Baquet, créateurs des rôles, cités dans les articles ci-dessous.

TéléramaSortirTT   On aime beaucoup
Le roman Les Cavaliers (1967) reste le chef-d'œuvre de Joseph Kessel. A la fois journaliste, grand voyageur, globe-trotteur, aventurier, Kessel est surtout connu pour Le Lion. L'auteur a le goût des grands espaces, des grands mythes. Eric Bouvron a la bonne idée d'adapter Les Cavaliers pour la scène sous la forme d'un conte où des tabourets servent de chevaux. La scène se passe en Afghanistan. Le jeune Ouroz se croit tout permis depuis qu'il peut participer au plus grand tournoi du pays, le Bouzkachi du roi. Mais, blessé, il doit retourner dans sa lointaine province pour retrouver son père. Durant son voyage, il rencontre des êtres étranges, traverse des épreuves. L'histoire se déroule comme un conte initiatique. La musique et les bruitages de Khalid K nous font entendre le son mystérieux des steppes. Le spectacle mêle avec bonheur théâtre et danse.
Sylviane Bernard-Gresh, 10 février 2016


Figaro"Les Cavaliers" de Kessel, comme un jeu d'enfant
Créée à Avignon il y a deux saisons, cette adaptation miraculeuse a séduit immédiatement le public et poursuit sa carrière.
Que reste-t-il aujourd'hui du monde que découvrit Joseph Kessel en arrivant à Kaboul en 1956? Que reste-t-il des hommes ivres d'espace et de liberté, violents, sauvages, cavaliers fabuleux jouant leur honneur et leur vie dans des courses à galop forcené et des joutes violentes dans les cris, la brutalité, parfois la haine. Ce combat archaïque qu'est le bouzkachi, ce tournoi hallucinant, peu de voyageurs ont su en parler. Joseph Kessel en fit un livre puissant, l'Américain John Frankenheimer un film époustouflant.
[…] Kessel excelle aux descriptions précises des paysages grandioses… Des couleurs, des sons, des odeurs, des humeurs. Comment faire au théâtre ? […] Eric Bouvron pratique un théâtre pauvre. Il ne nous fait pas le coup de la reconstitution avec grands décors et vidéos. Il est un héritier des griots, de Peter Brook et d'Ariane Mnouchkine. Il sait que le récit peut envoûter et que de la parole même surgissent les images. Il fait confiance à l'imagination du spectateur.
Avec cette adaptation des Cavaliers, il a subjugué le public d'Avignon il y a deux ans. Anne Bourgeois a offert son regard sûr. Ils signent ensemble la mise en scène. Il joue avec Gregori Baquet, être de tendresse et de vivacité. En alternance joue Benjamin Penamaria.
Et puis il y a l'art enchanteur de Khalid K qui a composé la musique et déploie, en direct, des trésors d'inventivité pour nous faire entendre le chant profond de la terre. Avec rien. Il manipule des objets simples et un micro dont il tire des sons, des bruits. On entend le vent et le galop infernal de chaveux. On entend les voix mélodieuses des sources transparents. On prend du sable dans les yeux, on a peur, on s'exalte. Maïa Guéritte veille. De jolis costumes, des tabourets de bois. Avant de se lancer dans l'aventure de la transposition et de la naissance théâtrale de ce livre-fleuve, Eric Bouvron est allé en Ouzbékistan. Il voulait remonter le temps. Il exalte l'universel par la simplicité.
Armelle Héliot, 28 février 2016


LePointAprès un gros succès à Avignon, Éric Bouvron présente au théâtre La Bruyère son adaptation du roman qui se déroule en Afghanistan. Inoubliable !
Il y a quelque chose d'incroyablement poétique et musical dans Les Cavaliers, librement adapté du roman de Joseph Kessel par Éric Bouvron et mis en scène par lui-même et Anne Bourgeois. Où les chevaux transformés en tabouret de bois se montrent à la fois farouches et dociles, sur fond de beatboxing. Où le cruel seigneur d'une province reculée lâche son fouet et se mue en une poignée de secondes en un serviteur humble et moqueur. Où les steppes d'Afghanistan laissent place au froid des montagnes, puis à une chambre d'hôpital.
Sur scène, un grand tapis ocre. Un coussin brodé d'or. Un rideau sur lequel se projettent en ombre chinoise les rêves érotiques et derrière lequel se changent précipitamment les acteurs. L'histoire est celle que Joseph Kessel nous avait laissée en 1957. Le jeune Ouroz participe à un violent tournoi de cavaliers d'Afghanistan, le bouzkachi du roi, où l'on doit récupérer une tête d'animal et la jeter dans un cercle. La suite est un long voyage initiatique à travers le relief afghan en compagnie de son fidèle serviteur Mokkhil et de son fougueux étalon Jehol, avec un objectif : obtenir enfin la reconnaissance de son père, le terrible Toursène. « J'ai cherché à mettre mes pas dans les pas de Joseph Kessel. Un voyage dans les mots et la sensibilité de ce globe-trotteur que je ne connais pas », explique Éric Bouvron. Il faut le voir passer d'un personnage à l'autre comme s'il changeait de masque. Ses traits se métamorphosent sans cesse. Il y a aussi Grégori Baquet, révélation masculine des Molières 2014, qui rugit, boite et nous emporte dans sa douloureuse et sa quête de fils incompris, tel Hémon à la recherche de Créon dans l'Antigone de Sophocle. On sue, on grelotte, on rage avec eux.
Il y a quelques pincées de théâtre africain, qui inspire Éric Bouvron, qui a passé des années en Afrique du Sud, et quelques couleurs du théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine. Il y a surtout le chanteur et musicien Khalid K. Tour à tour chanteur soufi, troubadour, beatboxer..., Khalid K. se tient micro et petite console noire à la main. Il loope sa voix et joue aux bruiteurs de cinéma. Les Cavaliers a déjà triomphé ces deux dernières années au off du Festival d'Avignon. Le voilà dans le grand bain parisien au théâtre La Bruyère. Envoûtant !
Olivier Ubertalli, 6 février 2016


FigMagUne belle aventure humaine
Mettre en scène Les Cavaliers de Kessel, cela semble une prouesse, un défi. Comment faire en effet un objet théâtral de cet ouragan fantastique, de cette tempête de passions humaines qui soufflent sur les espaces infinis où nous entraîne l'auteur, ce poète visionnaire ? Une lecture, soit, un récit, mais qui réduirait à la parole cette folle épopée. Un film, soit, mais qui réduirait celle-ci à l'image. Mais un spectacle vivant, entre quatre murs, sur une scène exiguë, pour abriter et pour figurer des foules entières et des chevauchées insensées à travers des déserts illimités, c'est une gageure ! Eh bien Eric Bouvron, assisté d'Anne Bourgeois, a tenté cette gageure et l'a réussie.
Dans cette libre adaptation restreinte aux épisodes majeurs du copieux roman de Kessel, quatre acteurs suffisent à incarner dans un décor totalement épuré les héros légendaires de cette saga picaresque, à en restituer le bruit et la fureur, à créer l'illusion du nombre et du mouvement à l'aide de simples artifices ou de stratagèmes scéniques. Ainsi le symbole devient-il action, ponctuée par une obsédante partition musicale d'une étrange beauté, que l'on doit à Khalid K, présent sur scène. Citons-les : outre Maïa Guéritte qui assume tous les rôles féminins, Bouvron lui-même, acteur protéiforme remarquable de prestance dans tous les emplois, notamment celui de Guardi Guedj, "l'aïeul de tout le monde", ou celui du mythique Toursène, père de l'héroïque cavalier Ouroz qui est au centre du roman. En enfin Gregori Baquet et Benjamin Penamaria  qui alternent dans le rôle d'Ouroz. On dit grand bien de l'interprétation de Baquet. C'est Penamaria que le hasard nous a donné à voir. Il nous a profondément séduits par son élégance et sa rigueur.
À eux quatre ils font un monde, à eux quatre ils donnent vie à l'œuvre touffue de Kessel. Même les chevaux sont là. Le célèbre Jehol, le "cheval fou", est sur la scène, figuré par un simple tabouret que son maître Ouroz manie au galop. Tout paraît réel dans cette magie. On doit cette illusion au talent et à l'énergie des acteurs. On la doit à l'imagination des metteurs en scène. On la doit enfin à la singulière affinité d'Eric Bouvron avec Joseph Kessel. Une sensibilité commune aux mêmes univers, aux mêmes valeurs, aux mêmes rêves, à la même vision de l'homme semble les réunir. Ce qui risquait de n'être que l'illustration caricaturale ou dérisoire d'une épopée dans les steppes afghanes prend dans ce spectacle le sens d'une belle aventure humaine.
Philippe Tesson, 4 mars 2016


SpectaclesSelection[...] Comment donner à voir sans le trahir ce roman foisonnant de plus de cinq cents pages ? Éric Bouvron, Anne Bourgeois et les comédiens adoptent la solution idéale. Ils le restituent telle une chanson de geste avec pour tout décor un tapis et pour seuls accessoires trois tabourets, une longue baguette et un voile diaphane.
« Nous vous souhaitons un bon voyage », nous disent-ils en préambule. De la capitale aux confins des steppes, ce périple à travers l’Afghanistan ancestral et majestueux est un véritable carnet de route. Si nous sommes immergés dans une histoire qui suit fidèlement la trame du roman, la mise en scène et surtout les fabuleux bruitages et sonorités multiples, émis «en live» par Khalid K, nous plongent immédiatement au cœur d’une contrée dont la culture fascine par ses coutumes, ses traditions et ses superstitions.
Éric Bouvron, Benjamin Penamaria (ce soir-là), Khalid K et Maïa Gueritte interprètent tous les rôles et rendent presqu’humain celui de Jehol, « le cheval fou », personnage emblématique de l’œuvre. Ils nous livrent avec une superbe énergie les introspections, les pensées, la rage et la haine de leurs personnages et nous font presque sentir les odeurs, ressentir la chaleur et la poussière. Le souffle épique qui règne sur cette épopée souffle aussi sur la scène. À les écouter, nous accomplissons bien davantage « qu’un bon voyage ».
Article publié dans la Lettre n° 394 du 21 mars 2016


LeDauphinéUne chevauchée fantastique
Fougueuse reprise théâtrale ce vendredi soir à l'Auditorium avec Les Cavaliers. Un roman foisonnant de Joseph Kessel, déployé par trois comédiens grisés et grisants accompagnés d'un étonnant éveilleur de sons. Pour que le public parte en chevauchée flamboyante dans les steppes afghanes, pour qu'il vive à plein cœur ce périple initiatique et philosophique, il a suffi de presque rien. Un peu d'encens, deux tabourets, du tissu soyeux, une mélopée orientale, le souffle d'un cheval galopant et un talent de fière allure. Caracolant avec justesse en tête de différents personnages, Eric Bouvron, Grégori Baquet et Maïa Guéritte content un pays, une rencontre de civilisations à la vive résonnance actuelle. Une épopée bousculée et satinée par Khalid K, homme de mille voix et coloriste d'atmosphères, magique à donner le frisson des grands espaces comme à faire entendre la douleur ou la colère de ces héros, tiraillés entre le bien et le mal, simplement humains.
Le Dauphiné Libéré, 11  janvier 2016


Express3étoilesAcclamée au festival OFF d'Avignon, cette adaptation signée Eric Bouvron des Cavaliers, le roman de Joseph Kessel, est une merveille. Le vertige des steppes, le vae victis qui frappe les perdants de la course suprême – le bouzkachi du Roi -, la cruauté des rapports entre les seigneurs et les serfs, entre les pères et les fils…
Ici, l'Afghanistan d'avant les communistes et les talibans sonne et étincelle comme un fer à cheval frappant la roche/ Le travail d'écriture et de jeu y est pour beaucoup, mais l'omniprésence en scène du génial Khalid K n'y est pas pour rien. À ne pas manquer !
C.B., 17 février 2016
 

pariscope[...] Dans cette épopée contre le déshonneur, au cœur des montagnes infranchissables, la haine suppure dans la douleur et l’effroi. Avec leurs sentiments abrupts et primitifs, les héros des « Cavaliers » montrent la faiblesse de leur chair à tout moment. Et pourtant, le souffle de la fable et du mythe les anime… Etrange alchimie qu’Eric Bouvron parvient à idéalement restituer sur le plateau. Adapter au théâtre l’œuvre de Kessel est une gageure. La mettre en scène, une autre. Eric Bouvron et Anne Bourgeois ont choisit d’en appeler à l’imaginaire du spectateur. Un tapis persan, trois tabourets et quelques accessoires suffisent pour nous téléporter en Afghanistan, nous faire galoper sur un cheval fou, respirer la poussière et la puanteur d’une plaie ouverte, attraper le corps d’une chèvre à bout de bras… Nous voilà définitivement happés par l’aventure et conquis par le spectacle. Grégori Baquet (en alternance avec Benjamin Penamaria), Eric Bouvron, Maïa Gueritte sont prodigieux. Khalid K, prince du beatbox, apporte à cette très belle production un petit supplément d’âme. Du chant du muezzin aux hennissements et souffle des chevaux, il compose en direct bruitage et bande sonore du spectacle. Et ce qu’il fait est magnifique.
Dimitri Denorme, 24 février 2016

Figaroscope4 coeurs Les Cavaliers, c’est d’abord un grand roman de Joseph Kessel. Une belle histoire, une très bonne et très astucieuse mise en scène d’Anne Bourgeois et Éric Bouvron, de bons comédiens, tout est réuni pour que le spectateur passe une excellente soirée. Et tous ceux qui aiment le spectacle au théâtre, l’invention scénique, les images, l’illustration astucieuse seront comblés. L’intelligence et le talent circulent. Bref, c’est une réussite. […] Comment rendre, par exemple, le jeu fou du bouzkachi sinon par des idées astucieuses et brillantes qui soulignent la mise en scène […]. Ici, sur le plateau du La Bruyère, le magnifique Jehol est un tabouret astucieusement utilisé, le bruitage et la musique magnifique de Khalid K rythment et dramatisent le jeu, la parole se fait récit.
Jean-Luc Jeener, 24 février 2016


LeTélégrammeUne belle et folle cavalcade sur des chevaux imaginaires aux confins de l’Afghanistan. Au festival d’Avignon off, ces « Cavaliers » avaient créé la surprise. À l’affiche du Théâtre La Bruyère, ce spectacle haletant confirme l’originalité de cette épopée. Adapter en une heure trente les 800 pages du roman-fleuve de Joseph Kessel était une gageure.
Respecter son style incisif, ses envolées flamboyantes, son humour, son goût immodéré du défi, aussi. Pari réussi pour le comédien globe-trotteur sud-africain Éric Bouvron qui redonne aux mots toute leur puissance évocatrice, leur magie.
Une plongée d’emblée dans l’aventure
Dans un décor minimaliste qui rappelle les steppes arides et chaudes d’Afghanistan, au milieu des senteurs d’encens myrte, Khalid D, micro et wii en main, joue une lente mélopée portée par le souffle du vent et multiplie en direct les bruitages : souffle au galop des chevaux, chants afghans, appels du muezzine. Le ton est donné : hypnotique, mystérieux, sauvage.
Il suffit de trois fois rien pour que le jeune et orgueilleux Orouz (Grégori Baquet - Molière 2014 de la révélation masculine) et son serviteur Mokkhi (Éric Bouvron) nous entraînent dans leurs aventures les plus folles où l’homme devient la plus belle conquête du cheval, sujet de tous les rêves, de tous les paris, de tous les combats. Deux tabourets symbolisent leurs montures, notamment le magnifique cheval Jehol. Les bruits, les couleurs, les odeurs nous entourent. Nous voilà partis en leur compagnie pour disputer le tournoi équestre le plus prestigieux d’Afghanistan, le Bouzkachi du Roi. Un sport violent et cruel où les cavaliers sont prêts à tout pour gagner une longue course à bride abattue. Mais Orouz tombe de cheval et se brise la jambe. Honte et colère sur lui. On le suit sur le chemin du retour où blessé et victime d’hallucinations, il gagne son village où l’attend son père, le grand Toursène, ex-champion de ce tournoi qui porta haut la gloire et la fierté de sa famille.
Conte initiatique
Le voyage au milieu de paysages rudes est semé d’embûches, de rencontres avec des personnages étranges et des animaux dangereux. Pour Orouz, il devient un conte initiatique et philosophique où la musique et la danse s’entremêlent dans une sorte de cauchemar éveillé en compagnie d’une servante et danseuse jouée avec grâce par Maïa Gueritte.
Toute la puissance évocatrice et le charme enivrant de ces « Cavaliers » tiennent dans le jeu de Grégori Baquet et Éric Bouvron (qui jouent aussi d’autres rôles) et la mise en scène inventive d’Anne Bourgeois, influencée par le style épuré d’un Peter Brook, et qui a le chic pour transformer quelques mètres carrés de scène en montagnes escarpées. Avec eux, on est pris dans la tourmente, on cavale, on se bat en respirant haut et fort, on mesure les relations tendues d’un père et de son fils, la transmission de valeurs universelles.
L’imaginaire est en marche, plus fort que la réalité tangible.
Jean-Luc Wachthausen, 27 février 2016


RadioClassiqueLa horde sauvage des Cavaliers de Kessel au Théâtre La Bruyère
Adapter en pièce de théâtre les 800 pages du roman de Kessel n’est pas une chose aisée. Pourtant Eric Bouvron a relevé ce défi, qui lui a pris deux ans. Véritable parcours initiatique, cette pièce nous entraîne en terres afghanes où le prince Ouroz, à l’occasion du plus important tournoi de cheval de Kaboul, va éprouver sa force et sa faiblesse, son humanité et son animalité, sa noblesse et sa misère. Pour interpréter le rôle d’Ouroz, Eric Bouvron a choisi Gregori Baquet, Molière de la révélation masculine en 2014. Lui incarne son fidèle serviteur qui l’accompagne jusqu’au bout de sa recherche identitaire. Eric Bouvron a voulu une mise en scène avec « trois fois rien »… Et pourtant, un « personnage bande-son » assure le bruitage de la pièce en direct avec une telle puissance évocatrice qu’il permet au public d’imaginer les chevaux, le sable, la montagne et tout l’Afghanistan. Une incroyable performance à lui tout seul.
Elodie Fondacci, 7 mars 2016

LaTerrassePrésentée à Avignon l’été dernier, cette adaptation du chef-d’œuvre de Joseph Kessel, d’une grande poésie dramaturgique, s’apparente à la chanson de geste.
Comment en une heure vingt, peut-on, sans en trahir l’esprit et la lettre, transposer pour le théâtre ce roman aux dimensions épiques, fable mythique des plus belles et des plus féroces que Joseph Kessel nous ait contée ? L’existence de cette adaptation périlleuse à plus d’un titre – périls hardiment relevés – tient d’abord à la fascination de celui qui la signe. « J’ai souhaité, déclare Eric Bouvron, raconter sur scène une histoire extraordinaire et universelle, une histoire qui nous amène là où l’on n’ose pas, plus, aller… l’Afghanistan… Une histoire d’hommes, d’honneur, de dignité, de fierté. ‘Un testament à la vie’ comme le disait Kessel lui-même ». Le charme de cette adaptation doit également beaucoup sans doute au goût du voyage de celui qui a permis au roman d’exister sur scène : « avant de travailler sur le plateau, j’ai eu besoin de partir dans les terres inconnues où l’histoire se passe. Pour m’imprégner. Pour sentir. (…) C’est là-bas que nous avons trouvé des éléments proches d’une époque perdue ». Co-metteur en scène avec Anne Bourgeois de cette épopée initiatique, l’un et l’autre s’entendent pour donner au spectacle le relief d’une chanson de geste. Son héros, le jeune et orgueilleux Ouroz, est le fils du grand Toursène, entré dans la légende des tournois de Bouzkachi, sport équestre fameux en ces contrées.
Une mise en scène dynamique et acoustique
Trois petits tabourets de bois, trépieds harnachés, tiendront lieu de chevaux, protagonistes essentiels à l’intrigue. Un simple pan de rideau blanc, voile léger retombant à mi-scène sur un tapis persan aux dimensions du plateau, suffit à évoquer l’Orient. L’empreinte exotique ne s’enrichit que d’un jeu de costumes à la mode orientalo-musulmane, permettant aux trois acteurs sur scène d’endosser tour à tour à vue les différents personnages que chacun a à interpréter. Ce dépouillement scénographique métaphorique, dont on sent bien qu’il est l’effet d’un savant travail de recherche destiné à amplifier l’effet émotionnel, valorise la poésie gestuelle des incarnations très dynamiques et très sincères d’Eric Bouvron, de Grégori Baquet (dans le rôle d’Ouroz en alternance avec Benjamin Penamaria) et de Maïa Gueritte. Si tout concourt à faire de ce spectacle une réussite, la part qui revient à la musique est majeure. Khalid K en est l’auteur, qui, présent sur scène, assure également avec un brio discret tous les bruitages qui accompagnent l’action en l’exaltant. Le récit, dont les multiples rebondissements prennent forme grâce aux inventifs jeux de scène, trouve dans l’ambiance sonore beaucoup mieux qu’un accompagnement : un stimulant puissant.
Marie-Emmanuelle Galfré, 22 février 2016 – La Terrasse n° 241

LeMonde […] Et, comme chaque année, le bouche-à-oreille (moteur du«off ») a permis à des spectacles de rencontrer un vrai succès public. Le cas emblématique est celui de la pièce Les Cavaliers, d’après le roman de Joseph Kessel. Programmée chaque matin à 10h15 au Théâtre actuel (nouveau lieu créé par la société de production et de diffusion Atelier théâtre actuel), cette très belle épopée dans les steppes afghanes, avec notamment Grégori Baquet, Molière 2014 de la révélation masculine, a fait le plein dès le troisième jour du Festival. […]
Sandrine Blanchard, 29 juillet 2014

TheatralMagazineLes Cavaliers, passionnant !
Un jeune héros, un cheval de légende, les steppes afghanes pour cadre de vie : le roman d’aventures de Joseph Kessel, Les Cavaliers, pouvait appréhender l’étroitesse d’une scène de théâtre pour se déployer. Eric Bouvron n’a pas craint pourtant de relever le défi d’une adaptation de ce récit ni, avec Anne Bourgeois, de le mettre en scène. L’action, la rigueur de la narration, la force des protagonistes n’en souffrent pas, bien au contraire. Grâce à la magie simple de quelques accessoires et de beaux costumes, voici évoqué pour nous les éléments les plus vivants et concrets de cette histoire. Les chevaux, les lieux, les personnages, les courses éperdues, la cruauté des mœurs… Nous voici transportés par Grégori Baquet, qui prête sa stature et la force de son talent au jeune homme vaillant et rusé courant tous les dangers, Eric Bouvron et Maïa Gueritte dans un imaginaire très romanesque. Ils sont accompagnés de Khalid K qui offre sa voix pour nourrir de son, en direct, cette épopée et l’illustrer de son indispensable couleur orientale. Véritable virtuose de la voix et du bruitage, il apporte bien plus qu’une bande son ne saurait le faire par son talent et sa discrète présence au milieu des comédiens. Ce chef d’œuvre de poésie que la grâce du théâtre nous offre prend vie devant nos yeux et fait rêver. Une pépite.
François Varlin, Theatral Magazine, 21 juillet 2014

LaMArseillaiseIl faut à bride abattue galoper sans tarder vers Les Cavaliers.
Sans doute l'une des perles du festival.
Le Théâtre Actuel est un des derniers théâtres d'Avignon à s'ouvrir, on y joue pour la première fois. Ici tout y est fort bien pensé, une belle salle, un vaste accueil, un bar dans une cour etc. Et une programmation qui nous a comblés. Première pièce pour ouvrir ce festival : Les Cavaliers, tirée du roman de Kessel. Un coup au plexus, tant tout le travail y est remarquable. Une de ces pièces comme on en voit rarement, où tout y est fort bien fait avec peu de moyens en plus, dans la lignée de l'excellent travail de Peter Brook. Une de ces pièces rares comme on espère en trouver chaque année mais que l'on ne rencontre que de loin en loin. Un rideau, deux bâtons, deux tabourets, quelques tissus, et nous voilà embarqués pour les steppes de l'Afghanistan.
Le récit d'un voyage initiatique, où le fils d'un champion de course de cheval, accompagné de son serviteur, va retrouver son père après son échec à la course. Échec cuisant car personne n'avait encore perdu dans l'histoire de la famille depuis des générations. Le récit est ample, Kessel l'a bien jalonné avec la fougue qu'on lui connaît. Le mérite du metteur en scène adaptateur c'est d'avoir su transposer ce livre à la scène, avec habileté et sincérité. Éric Bouvron propose un magnifique voyage où il interprète comme les deux autres comédiens plusieurs personnages dans des enchaînements magiques et élégants. Il a su par ailleurs mettre en évidence les facettes des personnalités des différents personnages et créer une belle intrigue. Grégori Baquet et Maïa Guéritte sont tout autant exceptionnels dans leur jeu. Mais la pièce est aussi tenue du début à la fin par les musiques et les bruitages faits en direct sur scène par un personnage étonnant Khalid K, qui se fond dans le récit, l'enveloppe et l'illustre avec un talent fou, le micro et le sampleur à la main. Il faut un petit moment à la sortie de la pièce pour remettre les pieds sur terre, tant le périple nous a emmené loin et le retour sonne comme une brutalité dans laquelle on ne veut pas rentrer.
Jean-Michel Gautier, 9 juillet 2014

VaucluseMatinEnvie de voyages, de terres lointaines et d'une belle histoire contée, voici venir Les Cavaliers dans une remarquable adaptation du roman de Joseph Kessel.
Dans une esthétique proche d'Ariane Mnouchkine et de Peter Brook, avec un tapis, trois tabourets et quelques accessoires, trois comédiens et un musicien nous plongent dans la grande aventure afghane de ce périlleux voyage initiatique. Grégori Baquet est véritablement époustouflant de justesse, il vient de recevoir le Molière de la révélation masculine, il était temps. L'autre révélation, c'est Khalid K, un musicien improbable tel un funambule sur le plateau, de sa voix il fait toute la bande-son, sorte d'acrobate de l'improvisation vocale, une version arabe de Bobby McFerrin ! Eric Bouvron et Maïa Guéritte sont à l'unisson de tous ces talents. Vous l'aurez compris, l'invitation au voyage est là, palpable, laissez-vous transporter !
11 juillet 2014