Nuit gravement au salut
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figaroscopeElle est bien jolie, la petite romancière. La chose est aujourd'hui assez courante mais peut être, c'est selon, un handicap ou une grande chance. L'éditeur Victor Pontier, lui, penche visiblement pour la seconde proposition… Et ce soir, pendant le délicieux dîner qu'il lui offre en tête à tête dans un grand restaurant, il lui propose un drôle de marché : si elle accepte de passer à la casserole, il publie son dernier roman. Où va se nicher la cuisine !

trois coeurs Ce spectacle créé il y a deux ou trois ans est enfin repris. Un bonheur pour le spectateur. Difficile de faire plus fin et plus croustillant. Ludovic Laroche a magnifiquement adapté le roman de Henri-Frédéric Blanc, le met en scène de manière très subtile et le joue avec une grande maturité de comédien. Quant à sa partenaire, elle est délicieuse à souhait. Un spectacle d'où l'on sort le coeur réjoui. Jean-Luc Jeener


parisien ...Des dialogues si criants de vérités qu’on les croirait inspirés d’histoires (vraies) croustillantes de la profession... Un trio d’acteurs qui s’en donne à coeur joie...

 

VSD...Une comédie acerbe, aux dialogues incisifs qui dépeint avec brio le monde cruel de l’édition...

 

NvelleRep ...Une comédie féroce d’une grande saveur...

 

marseillaise...Une situation qui nous emporte dans un combat de mots crus et raffinés, admirablement servis par ces trois comédiens...

 

paruvendu...Cette pièce, véritable petit bijou est une brillante satire de l’abus de pouvoir, menée avec humour et cynisme par des comédiens excellents... Ludovic Laroche, à la fois flatteur, ironique et charmeur, est criant de vérité... Une pièce à voir absolument !

 

montagne...Une pièce délectable servie par de savoureux acteurs...

 

tatouvu...Un plat de résistance féminine à ne manquer sous aucun prétexte!...


froggysdeligntA ne pas rater en ce début d'année comme cadeau d'étrennes pour bien augurer de la rentrée théatrâle de janvier, présentée au Théâtre Les Déchargeurs, "Nuit gravement au salut", la dernière création en date de la Compagnie La Sentinelle, à partir du roman éponyme de Henri-Frédéric Blanc qui se révèle, sur tous les plans, une bien belle pépite.
En osant une comparaison potagère, cette comédie piquante et hilarante ressortit à la famille des alliaceaes En effet, tel un oignon, le texte comporte plusieurs niveaux de lecture que l'adaptation et la mise en scène de
Ludovic Laroche a le mérite de laisser affleurer sans les imposer ostensiblement de manière à laisser le choix au spectateur.
Car, avec une langue extrêmement drôle et un humour souvent noir mais habilement présenté, si elle comporte une ineffable étude de moeurs, elle se double d'une comédie burlesque et d'une réflexion philosophico-mystique à partir d'une situation extrêmement ordinaire. Un homme, une femme. Un repas d'affaires entre un éditeur et une romancière. Il est cynique, mufle et graveleux, sans scrupules. Elle est jolie, et elle le sait, imbue d'un petit succès d'estime avec un premier roman et d'une présomption d'oeuvrer en littérature. Il a réussi à la force du poignet et fait son beurre avec des publications bas de gamme grand public et nivellement par le bas à l'image de la culture de masse et la section littérature est pour lui une danseuse pour laquelle il veut se payer sur la bête, ce qui en l'occurrence est d'autant plus prometteur de jouissance s'agissant d'une auteure. Elle se pique d'honnêteté intellectuelle mais use bien de ses féminins atouts et a besoin d'argent. Voilà pour l'intrigue qui ressortit à la fois du classique et ludique jeu du chat et de la souris, dans lequel les rôles sont interchangeables, et du bras de fer entre abus de pouvoir et petits arrangements entre turpides qui bénéficie de dialogues savoureux et d'une dramaturgie soigneusement élaborée.
En effet, les assauts des deux protagonistes adoptent un rythme de salves successives, qui comme en matière militaire permet à chacun non seulement de recharger ses batteries mais également de modifier sa stratégie, et donc de faire judicieusement évoluer le propos et de dérouter le spectateur sur un dénouement qu'il ne peut s'empêcher de vouloir anticiper, en raison de l'intervention d'un troisième personnage, le serveur, qui, n'est pas simplement là pour servir la soupe. Si, ici, elle n'est pas inattendue, elle va bien au-delà du zèle ancillaire. Car, en effet, elle ne revêt pas des allures de figuration, à de se demander, rétrospectivement, s'il ne s'agit pas du rôle principal du point de vue de l'auteur, un auteur particulièrement machiavélique et habile pour qui Dieu n'est pas un fumeur de havanes mais un maître d'hôtel particulièrement fine gueule dont le comédien-baryton à la voix de stentor Pierre-Michel Dudan fait une composition ébouriffante.
Doté d'un don aigu de l’observation à la manière d'un facétieux ethologue et du sens de la formule, Henri-Frédéric Blanc a trempé son stylo dans un cocktail détonnant de drôlerie et de causticité et régale de son écriture assassine qui est bien portée à la scène par la prestation sans faute des comédiens.Ludovic Laroche
est irrésistible en vrai faux maître de jeu qui lui offre un rôle en or pour un florilège de sentiments et de postures. En face, dans le ring, Karine Poitevin, resplendissante de beauté sensuelle dont le décolleté généreux a été retenu comme visuel du spectacle, joue parfaitement des vrais atouts et des fausses faiblesses de la gente féminine avec un art consommé de la rouerie qui en fait, finalement, un bel adversaire. M.M.