Un jour de mai 1777, Carlo Goldoni, me voyant pleurer et roter de rage devant le succès de Galabru, me donna une claque, puis me tint à peu près ce langage : « Mon pauvre de Funès, il faut dire les choses comme elles sont… Galabru est un rustre ! Mais un rustre de génie. Vous n’y pouvez rien, c’est un géant ! Il entre en scène, le silence absolu se fait dans la salle ; il lève un sourcil, le public éclate de rire, il lève son autre sourcil, l’intensité de rire est triplée, puis le monstre s’empare du texte de l’auteur, il commence à le galabrer de toute sa puissance, et ce galabrage devient une musique en forme de mélodie, puis de concerto. Alors une pluie de dièses entourée de bémols tourbillonne autour de lui puis se transforme en trombe de rires, en gouttes de tendresse et en larme de joie. Voilà ! Mon pauvre petit petit tout petit de Funès. Regardez le, il devient tout vert. »
« J’ai rencontré Gérard Desarthe, pour la première fois, sur une scène, comme il se doit, dans un cours d’art dramatique ; j’avais juste un peu plus de vingt ans et lui un peu moins. J’ai oublié le thème de notre improvisation. Je ne me souviens que de son cow-boy famélique, juvénile et fou, dégainant aussi vite que l’ombre même de Lucky Luke. Depuis j’ai revu Desarthe sur bien des scènes, dans bien des rôles, de Lorenzo à Alceste en passant par Matamore, et toujours le cow-boy de nos presque vingt ans a surgi pour moi, par la magie d’un geste, d’un regard, ça y est, il est de retour, le justicier, l’indomptable, le fier à bras, l’enfant qui joue avec tant de sérieux comme seuls savent le faire avec lui les poètes et les fous, celui qui n’a pas encore lu ni Lorenzaccio, ni L’illusion, ni le Misanthrope , celui qui n’a encore rien lu mais qui porte déjà en lui, à son insu, tous ces rôles, toutes ces œuvres, ce qui le force à caracoler tête haute, à jamais seul, loin en tête du troupeau, juché sur son cheval qui a pour nom : IMAGINATION. »
Dernièrement au théâtre, on a pu voir Michel GALABRU dans « Monsieur Amédée » d’Alain Reynaud-Fourton au théâtre Comédia et en tournée. « Les Rustres » de Carlo Goldoni au Théâtre Saint-Georges « On nous a menti », one man show au théâtre marigny « Bon appétit Messieurs » de Jean Galabru au théâtre Comédia « La Femme du boulanger » à la Comédie des Champs-Elysées mise en scène de Michel Fagadau Au cinéma, Michel Galabru a tourné dernièrement dans « Astérix et Obélix contre César » de Claude Zidi « Les Acteurs » de Bertrand Blier « Nuit Blanche » de Daniel Colas « San Antonio » de FrédéricAuburtin « Vivaldi, un Prince à Venise » de Jean-Louis Guillermou « La Jeune fille et les loups » de Gilles Legrand
Dernièrement au théâtre, Gérard Desarthe a joué « La Tempête » de Shakespeare, mise en scène de Dominique Pitoiset « Le Roi Lear »de Shakespeare, mise en scène de André Engel « Viol’ » de B. Strauss mise en scène de Luc Bondy « Les Névroses sexuelles de nos parents » de L. Bärfuss, mise en scène de Bruno Bayen « Les Braises » de S. Marai, mise en scène de Didier Long. « Chacun sa Vérité » de Pirandello, mise en scène de Bernard Murat « Turcaret » de A.R. Lesage, mise en scène de Gérard Desarthe A la télévision, il a tourné dernièrement « Le Roi Lear », réalisation André Engel
Artiste multiple, auteur,acteur, metteur en scène, réalisateur, Daniel Colas est, avec Yvan Varco, directeur du théâtre des Mathurins depuis juillet 2006. Il a été l’interprète principal de nombreux succès au théâtre. Il a tourné, au cinéma pour Philippe Labro, Bertrand Blier, D. Grassian,Yves Allégret, Alain Chevalier, etc… Il a réalisé plusieurs téléfilms et trois métrages pour le cinéma, « Ras le cœur » en 1980, « Man-eaters » en 1988 et , recemment, « Nuit Blanche » (sortie 2007) (grand prix du public festival de la Ciotat 2004, Grand prix du public Festival de Marseille 2005). Daniel Colas a écrit une dizaine de pièces pour le théâtre : « La Maille », théâtre 347, 1976 « Chacun pour moi » Gaité-Montparnasse 1995 « Putain de soirée ! »
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