Atelier Théâtre Actuel

Le Jardin

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Figaro

Un amour de square : Le Jardin de Brigitte Buc aux Mathurins
On meurt d'envie de fréquenter l'amour de square inventé par Brigitte Buc. D'une écriture très fine, elle dépeint les allées et venues, rencontres, disputes et baisés volés de cinq personnages, sur quatre saisons. Il y a là Jeanne au sale caractère mais à l'humour vif, Antoine, frappé de paranoïa, Suzanne et sa petite laine, si seulette et si amicale, Violette et ses gros chagrins de jeune provinciale, Philippe, son pseudo-bonheur et sa vraie goujaterie... Une musique tonique sur les petits ratages, les contretemps, tout ce qui nous éloigne les uns des autres ou nous rapproche le temps d'une promenade en été ou d'un pique-nique dans la neige. Il flotte sur ce spectacle un charme délicat, fait de pudeur, d'humour. Les embarras du coeur sont traités ici avec une finesse de dentellière et une causticité revigorante. Ce n'est pas pour rien que l'auteur écrit de temps en temps pour Valérie Lemercier. L'ironie est là, à fleur de texte et les interprètes en font leur miel.
Isabelle Gélinas, la première, donne le ton, vif, amusé, grande sauterelle maladroite en mal d'affection. Elle impose son charme acidulé, humeur fantasque à fleur de peau, convaincante dans le rire et les larmes. Annick Alane est comme toujours remarquable de délicatesse. Avec elle les seniors cultivent un fort capital de sympathie. Elle est la voisine de palier qu'on aimerait connaître, attentive, amicale et si touchante dans ses désarrois. Marc Fayet joue le brave gars qui se met en rogne avec une jubilation contagieuse et Guillaume de Tonquédec s'amuse à décliner le double jeu avec une gourmandise de chat qui réussit à retomber sur ses pattes. Cécile Rebboah pleure avec conviction, sans apitoiement ridicule. Un quintette mis en scène avec doigté par Jean Bouchaud qui épouse toutes les variations d'une pièce qu'on a plaisir à voir, comme un arc-en-ciel dans un ciel d'automne. Marion Thébaud - Le 15 Septembre 2006

Le sentiment, vous dis-je...
Ce ne sont pas toujours les plus grandes affiches qui nous font passer les meilleures soirées. Prenez Le Jardin, vous en avez une nouvelle preuve. Un auteur pas très connu et nouvellement venu au théâtre : Brigitte Buc. Une intrigue d'une simplicité désarmante : cinq personnages qui prennent l'air dans un square et échangent des banalités. Une construction élémentaire : il entre, elle entre, ils parlent, elle sort, il sort et ainsi de suite. Une scène réduite à un banc. Des psychologies archi-archétypées : le bobo, la vieille toupie, la névrosée, le cadre et l'oie blanche. Des thèmes assez praline : la solitude, la vieillesse, la difficulté du couple, la famille et le temps qu'il fait. Bref, les petites choses de la vie, une gentillesse écrasante et du sentiment à revendre. Le critique parisien va se les payer. Eh bien, croyez-moi, c'est délicieux. Une vraie réussite, un joli moment d'émotion simple, et un très bon travail d'équipe inondé par la sympathie.
Brigitte Buc a un tact fou. Elle dit des choses vraies sur le mal de vivre. Elle écrit à l'aquarelle et son pinceau est plein de tendresse. Celui d'Alain Chambon, le décorateur, est d'une légèreté lumineuse. La mise en scène de Jean Bouchaud est discrète et précise. Et la distribution d'une homogénéité remarquable, de la jeune Cécile Rebboah à l'adorable Annik Alane en passant par Guillaume de Tonquédec et Marc Fayet, figure emblématique de ce théâtre contemporain et quotidien du sentiment - il est l'auteur de Jacques a dit - et acteur sensible. Isabelle Gélinas, merveilleuse comédienne, domine cette troupe de son talent étourdissant. Tout cela est un vrai petit bonheur. Philippe Tesson (figaro magazine) - Le 16 Septembre 2006

Figaroscope

EDans le jardin public qui continue le cimetière, les morts voisinent secrètement avec les vivants. C’est un endroit différent, mystérieux, une terre frontière qui sait accueillir nos frères humains. Sans que rien de tout cela ne soit dit, le choix de cet espace donne à la pièce de Brigitte Buc son charme étrange. Le reste est affaire de rencontre : une petite étudiante pleurnicheuse, une vieille dame au grand coeur, un ancien jeune homme qui le lui rend bien, et puis ce mari en quête d’aventure et encore cette jeune femme dont la grande gueule masque à peine le désespoir... Tout ce petit monde, dans une ronde à la Schnitzler, se croise, se frôle, se parle, se raccroche. Une bonne dose de vie.
Cette jolie pièce de Brigitte Buc met le coeur en joie. Par petites touches, elle campe des personnages qui sont nos frères, en évitant tous les pièges de la sensiblerie. Ce n’est pas grand-chose mais c’est beaucoup puisque c’est l’Homme. La réussite du spectacle tient évidemment aussi à la qualité de la mise en scène de Jean Bouchaud, qui sait parfaitement être au service de l’incarnation du texte. Et puis il y a les comédiens. Tous sont parfaits : Annick Alane, si délicieuse et si émouvante, et, bien sûr, Isabelle Gélinas, une merveille de justesse. Bravo aussi aux nouveaux directeurs des Mathurins. Un nouvel auteur est toujours un grand risque. Jean-Luc Jeener - Le 20 Septembre 2006

Le Parisien

« Le Jardin » est un spectacle rafraîchissant, jeune, sympathique et amusant. Tout se passe autour d'un banc dans un square public connu des seuls habitués. Cinq personnages y nouent leur destin. Dialogues brillantissimes de Brigitte Buc magnifiquement servis par des comédiens qui s'appellent Annick Alane, Marc Fayet, Isabelle Gélinas, Cécile Rebboah et Guillaume de Tonquédec. On rit beaucoup sans jamais regretter d'avoir ri... André Lafargue - Le 15 Septembre 2006

Les Echos

Quelques personnes parlent dans un square. Cela vous rappelle quelque chose ? Oui, bien des auteurs ont écrit cette pièce, à commencer par Marguerite Duras. Mais Brigitte Buc ne lui dispute pas le même bout de jardin. D'ailleurs, celui-là, ce terrain oublié, a été gagné sur l'emplacement d'un cimetière. D'où un climat propice à l'humour noir.
Cinq passants se retrouvent là, au hasard des journées. Des voisins qui peuvent se retrouver aussi à l'occasion de la fête qu'organise l'un ou l'autre. Le malin tourbillon de la vie va faire passer le nouveau venu solitaire des bras d'une jeune pleureuse à ceux d'une mère de famille divorcée qui lui avait paru longtemps exaspérante. Pendant ce temps-là, la vieille dame ne vieillit pas et le dragueur de service finit séduit et abandonné.
Ronde des sentiments, ritournelle des amours enfuies et des amourettes à naître. Brigitte Buc a un sacré toucher de balle, comme l'on dit au tennis. Tout sonne juste dans ces échanges à base de vacheries frontales et d'émotions souterraines. Jean Bouchaud a subtilement orchestré ce quintette de la crise de nerfs aux points d'orgue rêveurs. Isabelle Gélinas déclenche les rires les plus vifs, mais l'on aime tout autant chacun de ses partenaires, Guillaume de Tonquedec, Annick Alane, Marc Fayet et Cécile Rebboah. Gilles Costaz - Le 15 Novembre 2006

Le journal du dimanche

Les quatre saisons vues par Brigitte Buc se jouent dans un jardin public, entre cris d'enfants et, au bout d'une allée, le cimetière. Derrière l'humour et l'ironie, les dialogues vifs, les réparties pertinentes, cette petite comédie parle avec légèreté et élégance de la solitude de chacun, de la difficulté à s'aimer. Dans l'air du temps, avec un zeste de Marivaux dans le jeu amoureux, elle est remarquablement interprétée par l'éclatante Isabelle Gelinas, l'irrésistible Annik Alane, Cécile Rebboah, Marc Fayet, Guillaume de Tonquédec. Annie Chenieux - Le 4 Octobre 2006

Pariscope

Extraordinaire ce Jardin ! Vivant, sentant bon le métropolitain, un square que fréquentent Suzanne. Jeanne, Antoine, Philippe, Violette et les autres. Cet autre, c'est nous. On se reconnaît, on distingue des amis, des connaissances.
La pièce de Brigitte Buc a un accent collégial à la Claude Sautet des plus séduisants. Elle y dépeint avec sensibilité et malice les « crises de la vie ». Dans une mise en scène de Jean Bouchaud, toute en nuance, cette peinture se décline en quatre saisons. Chacune renferme sa couleur, ses changements, ses évolutions.
La pièce démarre au printemps et se termine en hiver sur une note chaude remplie d'optimisme. C'est un coin de verdure garni de drôles de plantes, un peu abîmées. La première est une rose, pleine d'épines, ne demandant qu'un rayon de lumière pour s'épanouir. C'est Jeanne, la trentaine, divorcée, un gamin turbulent. Elle a du mal à faire face. Isabelle Gelinas, désopilante et poignante, donne à son personnage des tonalités lumineuses. Pas facile, car Jeanne est au bord de la crise de nerfs. II y a Antoine, le genre d'homme calme et à l’écoute que I'on rêve un jour de croiser. II a tout plaqué, travail, nana, appartement pour prendre un nouveau virage et ainsi se reconstruire, se redonner une chance, iI est devenu un arbre bien solide contre lequel Jeanne n'aura plus qu'à se reposer. Marc Fayet est très à I'aise dans le costume d'Antoine On ose même dire, quitte a se faire railler, qu'il est des plus séduisants. Entre eux, il y a une glycine, qui tisse ses branches, protège, réconforte. C'est Suzanne, une vieille dame observatrice, qui donne aux autres I'amour qu'elle a à offrir. Adorable Annik Alane ! C'est toujours un plaisir de la voir jouer. II y a Violette, petite fleur des champs perdue dans la grande ville. Cécile Rebboah est pétillante dans ce rôle. ll y a aussi Philippe, I'image parfaite du bonheur « famille Ricore ». Guillaume de Tonquedec s'amuse avec ce personnage, oscillant entre mauvaise herbe que I’ on arracherait bien et feuille d'automne qui tombe. ll faut fréquenter ce « Jardin », car iI est joli comme tout, comme la vie. Marie-Céline Nivière - Le 5 Octobre 2006

Affiche Le jardin

© Cosimo Mirco Magliocca

Réalisé par Absolut Créations