(« La cerise sur le gâteau » est une gourmandise savoureuse.
En bonne pâtissière de l’humour, Sylvie Joly nous a concocté un gros gâteau fait de couches onctueuses, sucrées, craquantes, fondantes. Elle alterne sketches et chansons, gardant la bonne dose à chaque fois. Les ingrédients sont des personnages touchants, assez fous, quelque peu absurdes, franchement « borderline » et très bourgeoises décadentes. Le tout a été mis en crème avec légèreté par un tout jeune metteur en scène, Alex Lutz. Sylvie Joly entre sur scène vêtue d’une robe noire, son costume depuis ses débuts, mais le nouveau est signé Jean-Paul Gaultier. Quant au boa rose, il n’est pas bien loin. Au fond du plateau, un piano et son pianiste, l’excellent Thierry Boulanger. Cela commence par un sketch signé Pierre Palmade et nous voilà « collés au siège » par un bel éclat de rire. « je me suis fait sonoriser » est un grand texte du Pierrot lunaire de l’humour. La qualité de tous les textes qui composent ce gâteau, pardon, ce spectacle, est exquise. Il y a la baronne rackettant les petits jeunes qui passent par son territoire, l’éditrice exilée par amour dans une ferme de l’Aveyron, la grand-mère contrariée par son fauteuil électrique. Pour cette ancienne pensionnaire du « Petit conservatoire de Mireille » pousser la chanson est un plaisir. Là aussi le choix des textes est savoureux. Comment résister à « Quelqu’un m’a dit, t’as pas grossi encore » ... !
Marie-Céline Nivière - Le 1er Octobre 2005
Sylvie Joly a emballé son public
Théâtre des Mathurins (Paris VIIIe), 20 h 30. Elle esquisse quelques pas de danse, lance des baisers aux spectateurs qui font la claque. Heureuse d'être là, à nouveau, devant son public. Hier soir à 20 h 30, au Théâtre des Mathurins, Sylvie Joly, ongles vernis et rouge à lèvres, élégamment habillée dans une robe noire signée Jean-Paul Gaultier, vient de faire un sans-faute pour son retour sur les planches parisiennes. Tour à tour décapante, absurde, drôle ou cruelle, toujours touchante, la comédienne présente son dernier spectacle, inédit, « la Cerise sur le gâteau ». Un joli cocktail de sketchs et de chansons mis en scène par Alex Lutz, qu'elle donne accompagné par son pianiste, Thierry Boulanger.
Dany et Cathy en ont profité sans modération. « J'adore cet humour noir, s'enflamme Dany, finement maquillée. Il y a des personnages comme le psy alcoolo ou la girafe qui sont géniaux. J'étais venue ici pour me fendre la poire. C'est réussi. » Sa copine, qui travaille dans les assurances et débarque de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), applaudit à son tour : «C'est une femme généreuse que j'adore depuis longtemps. Là, c'est un vrai plaisir de la retrouver sur scène. Le spectacle est très bien. C'est une grande dame.» Et une dame qui innove. Aux Mathurins, Sylvie Joly ne se contente pas d'incarner les sketchs écrits par ses soins ou sa ribambelle de copains, de Pierre Palmade à Jean-Loup Dabadie. Elle pousse aussi la chansonnette, tendance comédie musicale, dont une version revisitée et jouissive de «Quelqu'un m'a dit », de Carla Bruni. « C'était super, jure Laurent, 38 ans, Parisien dans la banque. Ce petit côté music-hall est une très une bonne idée. J'en ferai la publicité autour de moi.» Juste à ses côtés, il y a déjà deux conquis, Patrice et Annie. Encore sous le coup de certains textes à l'acide. « Ça tape fort, s'amusent-ils. Notamment quand elle se moque des bourgeois. » Dans la salle or et pourpre, hier soir, Sylvie Joly avait quelque chose d'une icône. Rien d'étonnant à voir les photographes Pierre et Gilles, experts en la matière, mêlés à l'affaire : ils signent l'affiche de « la Cerise sur le gâteau ».
Renaud Saint-Cricq - Le 16 Septembre 2005
En robe noire dessinée par Jean-Paul Gaultier, Sylvie Joly est indémodable. Mais encore faut-il se renouveler. Avec « La Cerise sur le gâteau », elle y parvient sans virage brutal en s'entourant d'un pianiste, Thierry Boulanger, et d'un metteur en scène, Alex Lutz. Elle a fait aussi appel à une équipe d'auteurs amplifiée, puisqu'aux fidèles Henri Mitton, Fanny et Thierry Joly se sont joints Jean-Loup Dabadie, Pierre Palmade et d'autres. C'est d'ailleurs Palmade qui a écrit le texte le plus comiquement théorique, « C'est dur d'être vulgaire », où il s'interroge en riant sur cette notion variable et très culturelle de « vulgarité ». Par ailleurs, Sylvie Joly revient à la chanson, sans avoir hésité à commander des partitions à Carla Bruni et à Henri Salvador.
Le temps passant et la technique devenant le partenaire obligé de tout un chacun, elle joue beaucoup au personnage dépassé par les machines libératrices : dans un sketch, elle est une comédienne qui ne se sépare jamais de son micro et de son amplificateur, chez elle comme dans les cafés ; dans un autre, elle se débat avec un fauteuil électrique qui la casse au lieu de la masser. Le reste du temps, elle joue des femmes en décalage avec le contexte où elles évoluent : éditrice grande bourgeoise installée à proximité de bovins aveyronnais, journaliste d'âge mûr à la recherche du scoop, visiteuse peu cultivée du château du Clos-Lucé, baronne déjantée... Tout est drôle sans vanité, agencé sans éclat, modulé sans cymbales. Sylvie Joly a l'unique défaut de ne pas toujours contrôler ses fous rires. Nous non plus.
Gilles Costaz - Le 7 Novembre 2005
Madame Joly, Sylvie de son prénom, poursuit inlassablement son travail de « one woman showeuse ». Quelques nouveaux sketches, quelques années en plus, quelques chansons et l’affaire est partie. On peut ne pas aimer la dame mais elle connaît la musique. Et ses sketches sont rarement de mauvaise qualité.
Certains sont même très bons, comme celui dédié à la télévision. Scéniquement, Sylvie Joly n’a jamais été une bête de scène et le temps ne fait que confirmer cette évidence.
C’est plaisant parce qu’intelligent et souvent malicieux. Sans doute voudrait-on être emporté, exalté, mais Madame Joly est définitivement comme elle est.
Jean-Luc Jeener - Le 28 Septembre 2005
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